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Comment travailler le piano quand on est en déplacement (ou en vacances !!!) ?

Version vidéo de l’article :

« Tu dis qu’il faut travailler le piano un peu tous les jours, mais ce n’est pas possible pour moi car je suis souvent en déplacement. »

« Comment puis-je travailler alors que je n’ai pas encore acheté de piano ? Je voudrais commencer dès maintenant. »

Ce sont des questions que certains d’entre vous m’ont régulièrement posées.

Effectivement, de prime abord, cela semble bien difficile de jouer du piano quand on n’en n’a pas à disposition.

Pourtant quelques solutions existent, et c’est ce que nous allons voir tout de suite.

Commençons par mettre au clair une chose importante : n’utilisez pas d’application pour tablette ou téléphone portable.

Comment voulez-vous apprendre à jouer du piano sur un clavier de 10 ou 30 cm ?

La largeur des touches n’est même pas respectée ! Forcément : il faut faire rentrer une octave sur quelques centimètres.

Comment voulez-vous jouer quoi que ce soit de correct avec ça ?

De plus, vous n’avez aucune résistance du clavier, puisqu’il n’y en a pas (de clavier…)

Ces applications sont des gadgets. Je n’ai rien contre, tant que vous en faites bon usage : c’est-à-dire faire joujou ou enregistrer des idées.

Il existe des claviers enroulés, qui ne prennent pas de place et que vous pouvez emporter partout avec vous.

Le gros point négatif est le manque de résistance, comme pour la tablette.

Mais vous avez au moins un clavier aux dimensions acceptables.

L’autre défaut est le manque de vélocité. Cela signifie que si vous appuyez fortement ou tout doucement, vous aurez le même volume en sortie.

Pour l’expressivité, il n’y a rien de pire. Et malheureusement, à force, vos doigts resteront collés au clavier, et vous ne ferez plus l’effort d’articuler. Forcément : peu importe votre attaque, le son produit sera le même.

Ceci étant dit, si vous êtes vigilant et que vous avez conscience de ces problèmes, vous pouvez quand même vous en servir en déplacement.

Dans ce cas, prenez garde à articuler au maximum, en relevant bien chaque doigt et en exerçant une certaine pression sur chaque touche, afin d’entretenir ou développer votre musculature.

Le travail mental

Si vous ne pouvez pas prendre votre instrument, vous pouvez toujours emporter vos partitions, ou même de les photographier avec votre smartphone ou tablette. Il m’arrive souvent de jeter un coup d’œil sur mes partoches ou sur mes grilles d’accords pour me les remettre en mémoire.

Je vous conseille aussi de les chanter dans votre tête en les relisant, en faisant bien attention à être rythmiquement correct.

Une autre astuce consiste à faire l’effort mental de visualiser votre clavier en vous imaginant jouer le morceau. C’est une démarche plus productive qu’il n’y paraît, surtout si vous prenez garde aussi à vos doigtés. Bien entendu, vous pouvez aussi les mimer.

Enfin, vous pouvez tenter d’apprendre les notes par coeur. Essayer de chanter le nom des notes de votre partition, et vous la regardez quand vous avez un trou de mémoire. Tentez surtout d’associer le nom de chaque note à une correspondance auditive.

Faire ces efforts exercera votre cerveau, et votre retour au clavier se fera plus facilement que si vous l’aviez complètement mis de côté. Car finalement, c’est le fait de ne plus y penser du tout qui vous fera le plus régresser. En gardant la mécanique dans votre tête, vous restez dans votre démarche musicale, même si cela ne remplace pas le jeu au clavier.

Les playlists

Il arrive parfois que je doive apprendre rapidement un nouveau répertoire. Cela se passe par exemple dans le cadre d’un remplacement dans un groupe, ou quand j’intègre une nouvelle formation et qu’il faut être opérationnel rapidement.

Dans ce cas, je fais toujours une playlist des titres à jouer, et je la passe partout dès que possible. Dans l’autoradio, avec un casque à l’heure du midi, dans les transports en commun, etc.

Quand vous écoutez ce que vous devez jouer, il faut rentrer dans une phase analytique :

  • écoutez les structures des titres,
  • chantez les notes,
  • repérer les ponts,
  • les reprises,
  • les variations rythmiques,
  • les changements de tonalité…

Tous ces éléments vous seront utiles, et vous n’avez pas besoin de clavier. Vous êtes loin de perdre votre temps : vous faites dans ce cas une grande partie du déchiffrage.

Et si vous combinez cela avec la visualisation mentale de votre clavier et de votre partition, comme je l’évoquais précédemment, vous serez d’autant plus efficace.

Musculation des doigts

Une autre pratique que je n’utilise pas souvent mais assez répandue est de jouer sur une table. Il n’y a bien entendu aucune réponse du clavier, mais vous pouvez utiliser de temps-en-temps cette astuce pour réviser et éventuellement muscler vos doigts.

Pour la musculation, je vous renvoie à l’article consacré à ce sujet en cliquant ici. D’ailleurs, puisqu’on en parle, vous pouvez bien évidemment profiter de vos déplacements pour faire tous ces exercices pour devenir un Musclor du piano.

Les vidéos de formation

Un bon conseil à suivre est aussi de visionner des vidéos de formations en ligne, et je ne parle pas forcément de la mienne.

Puisque quasiment toute la planète est connectée, vous pouvez toujours :

  • visionner ou revisionner certaines leçons,
  • remettre au clair certaines notions théoriques,
  • réécouter des conseils pratiques.

Vous pouvez aussi regarder quelques vidéos de tutoriels sur YouTube, mais ne vous éparpillez pas trop.

Si vous poursuivez plusieurs lièvres à la fois, cela n’engendrera que confusion.

Évidemment, toutes les solutions que je vous ai données ici sont provisoires et ponctuelles : rien ne remplacera votre piano. Mais vous avez au moins quelques solutions de secours afin d’éviter de perdre votre temps.

Enfin, les exercices mentaux de mémoire visuelle et auditive peuvent faire partie de votre quotidien et devenir un véritable complément d’apprentissage.

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Comment enregistrer vos morceaux et enlever toutes vos fausses notes ? L’édition MIDI

Démo vidéo :

Vous voulez vous enregistrer mais aussi corriger toutes vos erreurs après la prise ? Ou même changer de sonorité après coup ?

C’est possible avec le format MIDI !

Comment l’utiliser ? Quelles possibilités vous avez ? C’est ce que nous allons voir ici.

Quand vous voulez éditer des partitions, vous pouvez utiliser MuseScore, j’ai ai déjà parlé dans cet article ici.

Mais si vous utilisez un fichier MIDI dans ce logiciel, vous constaterez qu’il n’est franchement pas facile de faire certaines modifications.

Et pour cause : MuseScore est très bien pour les partitions, mais ce n’est pas un éditeur MIDI.

Je vais donc vous montrer ici un éditeur et ses principales fonctionnalités.

Pour ma part, j’utilise le logiciel d’enregistrement Cubase qui est assez onéreux, mais qui répond à toutes mes attentes. Il faut savoir que Cubase se décline en plusieurs versions, à différents prix. Donc si le logiciel vous intéresse, n’hésitez pas à consulter ce site : Steinberg.

Ceci dit, il existe beaucoup d’éditeurs MIDI, à des prix différents. L’objet ne sera pas ici de vous montrer les avantages et les inconvénients de chacun (d’ailleurs je ne les ai pas tous essayés), mais de vous montrer les fonctionnalités de base pour que vous puissiez voir la puissance de ce joujou.

Cela fait maintenant de nombreuses années que le format MIDI existe, il est donc largement éprouvé !

Il faut avouer aussi qu’en session d’enregistrement, vous avez un sacré stress en moins quand vous savez que vous pourrez tout corriger ensuite.

Qu’est-ce qu’il vous faut ?

Un clavier avec une sortie MIDI (via DIN ou USB), un ordinateur et un logiciel d’édition, et c’est parti !

Dans la démo vidéo, j’ai utilisé une très vieille version de Cubase que j’ai achetée il y a des années. Je ne l’utilise quasiment plus à l’heure actuelle, mais l’intérêt pour vous est de constater les fonctionnalités qui existent depuis longtemps, et que vous devriez retrouver partout car c’est le minimum vital.

En vidéo, je vous montre :

  • l’acquisition MIDI
  • comment importer un fichier MIDI (enregistré sur clé)
  • l’éditeur de notes
  • les corrections notes, vélocité, pédale
  • la quantification mais ATTENTION : pas de jeu robot !
  • l’exportation

Voilà, vous entrez dans un univers sans fin, car les fonctionnalités MIDI vont bien plus loin que cela.

Vous pouvez jouer sur d’autres facteurs d’expression comme le pitch bend, la molette de modulation, les variations de tempo, etc.

Ici, c’est vraiment une initiation.

Attention toutefois de rester un musicien et de ne pas devenir uniquement un informaticien, sauf si vous êtes fan de musiques synthétiques. En effet, avec ce genre d’outils, on a tendance à vouloir corriger toutes les imperfections de jeu, et au final on en retire tout l’aspect humain et votre musique deviendrait robotique.

Je vous souhaite de bons enregistrements et à bientôt !

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Comment réaliser une partition (gratuitement) avec MuseScore ?

Vous avez envie d’éditer vos propres partitions ?

Que ce soit pour garder en mémoire des morceaux que vous jouez, pour écrire ce que vous avez retrouvé d’oreille ou même pour composer, l’écriture de notes sur une portée n’a jamais trouvé son égal.

Vous savez que sur ce site, je défends l’idée qu’il faut quelques bases en solfège. S’il y avait mieux pour écrire la musique, ça se saurait !

Et un jour où l’autre, vous aurez besoin d’un logiciel pour le faire.

Il vous faut un outil efficace, et que vous puissiez non seulement écrire vos partitions de façon manuelle, mais aussi de manière automatique. C’est-à-dire que vous jouez et tout s’écrit tout seul ! On vit une sacrée époque…

Et si je vous disais que vous pouvez le faire, et même gratuitement ?

Il vous suffira de télécharger MuseScore, que vous trouverez ici : lien vers le site de MuseScore.

Je vais vous expliquer ici les notions de base pour l’écriture manuelle et automatisée.

Je vais vous montrer…

Le mode manuel :

  • le nombre de portées
  • le nombre de mesures, qu’on peut aussi modifier par la suite
  • les mesures
  • l’armure
  • écrire les notes et les silences
  • écouter ce qui est écrit
  • les barres de mesures et de reprises
  • les doigtés
  • les nuances

On peut aussi transposer, je vous renvoie à l’article que vous trouverez ici.

Le mode automatique : à partir d’une prise ou d’un fichier MIDI

  • jouer directement dans MuseScore : surtout programmez votre mesure avant !
  • importer un fichier MIDI
  • la barre de traitement en bas
  • les limites : MuseScore n’est pas un éditeur MIDI !

Vous trouverez tout cela dans cette vidéo :

Vous avez vu que cet outil est vraiment très puissant, mais je tiens à vous mettre en garde.

Si votre fichier MIDI n’est pas très propre, la partition ne le sera pas non plus et vous allez mettre énormément de temps à modifier votre fichier.

Par exemple, si les notes que vous jouez n’ont pas des durées très précises, vous aurez des problèmes.

Idem si vos placements ne sont pas très bons. Vous prendrez du temps à tout recaler.

Et c’est bien normal : MuseScore est un éditeur de partition et non un éditeur MIDI !

Si vous souhaitez vous enregistrer et corriger vos erreurs pour avoir un meilleur rendu, ce n’est pas ce qu’il vous faut. J’en parlerai certainement dans un prochain article.

Voilà, vous connaissez maintenant les principales fonctionnalités du logiciel. Bien entendu, vous pouvez aller bien plus loin. Si cela vous intéresse, vous retrouverez facilement les procédures procédures plus complexes sur Internet.

Maintenant, c’est à vous de jouer !

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Avantages et inconvénients des formations en ligne

Version vidéo de l’article :

Si vous êtes là, à lire cet article, c’est que vous voulez progresser en utilisant les moyens techniques actuels. Vidéos, articles de blog, etc.

Peut-être que vous souhaitez aller encore plus loin en investissant dans une formation en ligne.

Vous hésitez, parce que vous vous demandez si ce système vous convient, s’il permet de réels progrès, ou si un prof à vos côtés est réellement indispensable ou non.

Les cours en live

Le plus gros problème des formations en ligne est le suivi individualisé.

Un professeur particulier vous explique les notions, les techniques, les choses à appliquer. Cette partie-là est complètement faisable en ligne.

Par contre, il corrige vos erreurs. Et au début, il y en a beaucoup !

C’est pour cela que je vous parle souvent de bien vous tenir, de bien placer vos doigts et d’articuler.

Quand vous commencez à jouer d’un instrument, vous devez penser à tout, et tout de suite :

  • déchiffrage des notes,
  • placer les notes sur le clavier,
  • les rythmes,
  • votre tenue.

Et si vous ne prenez pas les bonnes habitudes dès le départ, vous aurez du mal à vous défaire de vos mauvais réflexes. Et désapprendre ce qui a été mal appris au départ est fastidieux et souvent long.

Une fois les bonnes méthodes mises en place, cela va beaucoup mieux.

Il est donc tout-à-fait possible de démarrer une petite période en cours présentiel pour consolider ces premières bases.

Ceci étant dit, je propose dans ma formation en ligne une durée de coaching personnalisée. Il s’agit, pour ceux et celle qui le désirent, de m’envoyer des vidéos que je visionne afin d’analyser ce qui va, ce qui ne va pas, et ce qu’il faut corriger.

Évidemment, j’en profite ici pour faire ma petite promo. Mais ceci dit, ce système n’est franchement pas courant et permet de bien démarrer en ligne.

Donc si vous souhaitez investir dans une formation en ligne, prenez garde à votre technique.

Un autre avantage des cours en présentiel est la motivation.

Quand vous avez un cours programmé dans votre agenda, vous aurez envie d’être au point.

Du coup, pour des raisons de fierté et aussi de rentabilité du coût de votre cours, vous travaillerez plus facilement, plus régulièrement.

Cela dit, il arrive que d’un cours à l’autre les élèves n’aient pas eu le temps de travailler. Et si cela se reproduit trop souvent, n’insistez pas : changez soit de méthode, soit de style de musique.

Dans tous les cas évitez la lassitude, et ne soyez pas écœuré.

Je ne le dirai jamais assez, si vous voulez avancer, que ce soit en prenant des cours ou avec des formations en ligne, imposez-vous un rythme de travail le plus régulier possible.

C’est extrêmement important.

Enfin, une école de musique ou un conservatoire vous permet de passer des examens. Donc si vous cherchez à décrocher un prix ou un diplôme de musique, il faudra passer par là.

Sinon, il faut voir s’il est possible de passer des examens en candidat libre, ce qui n’est pas facile à trouver…

Voyons maintenant les méthodes en ligne

Tout d’abord, vous pouvez prendre votre cours quand vous voulez et où vous voulez, même au bureau si ça vous chante !

Vous pouvez très bien écouter votre cours dans un endroit où il n’y a pas d’instrument, et passer à la pratique plus tard. De toute façon, vous pourrez toujours vous repasser le cours pour le remettre en mémoire.

Et ceci est vraiment un avantage de taille.

Si votre prof vous a expliqué quelque chose et que vous n’avez pas bien compris, il vous faudra attendre une semaine pour obtenir des explications supplémentaires.

Alors qu’en ligne, vous gérez comme vous voulez. Vous pouvez passer et repasser, même en boucle si vous voulez, le cours ou la partie de cours qui pose problème, et tout cela sans attendre.

J’ai pris le cas ici d’un cours qui posait problème.

Mais il y a aussi le cas où tout va bien.

Si vous travaillez dur et que les progrès vont vite, vous pouvez passer au cours suivant sans attendre.

Vous avancez à VOTRE rythme, qu’il soit rapide ou plus lent.

En général, en ligne, on vous fournit aussi les partitions en PDF. En présentiel, cela représente un investissement supplémentaire. Il faut savoir que les partitions représentent un budget à ne pas négliger.

Les démos sont aussi consultables à volonté : vous savez où vous allez. Vous pouvez même jouer en même temps.

Dans ma méthode, je fournis beaucoup d’accompagnements en mp3. Cela permet de travailler de façon plus agréable, tout en progressant rythmiquement.

À vous de voir si les autres méthodes proposent ce genre de choses. Personnellement, je n’en ai pas vu beaucoup au piano. Et je vous assure que c’est très efficace.

Enfin, une formation en ligne est en général moins chère qu’un prof particulier. En tout cas, la mienne l’est !

Et ce n’est pas négligeable comme avantage.

Si vous vous décidez pour du contenu en ligne, je vous donne un dernier conseil : consultez le contenu gratuit avant d’investir.

Certains sites vous donnent uniquement des titres de musiques, mais aucun ou très peu d’extraits.

Or, vous devez vérifier la qualité des vidéos, et si la pédagogie utilisée vous parle ou non. La façon d’expliquer doit vous convenir. Sinon, trouvez-en une autre.

Et c’est bien entendu valable pour la mienne aussi ! Vous avez accès à beaucoup de contenu sur ce site. Si cela ne vous parle pas, ou que ma façon de voir les choses de correspond pas à votre manière de penser, ce n’est pas grave : ce n’est pas la peine d’aller plus loin : cela nous épargnera à tous des désagréments par la suite.

Testez d’autres choses ! Il vaut mieux ça que de perdre notre temps.

Chaque personnalité est différente.

Par contre, si cela vous plaît, vous serez toujours les bienvenus !

À bientôt !

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7 façons de jouer Jingle Bells avec partitions (Traditionnelle, Ragtime, Rock, Valse)

Version vidéo de l’article, avec tutoriel détaillé :

À l’approche des fêtes de Noël, j’ai voulu vous faire un petit cadeau : des partitions de Jingle Bells.

Mais plutôt que de vous balancer une partition que vous pouvez trouver très facilement sur Internet, je vous réserve une petite surprise.

Vous allez pouvoir jouer cette chanson de 7 façons différentes, et dans 3 styles : traditionnelle, ragtime, rock et valse.

C’est en effet l’occasion de vous montrer comment on peut adapter un même titre en changeant les arrangements, pour enrichir votre vocabulaire musical.

Et vous pourrez aussi utiliser cette démarche pour les morceaux de votre propre répertoire si le cœur vous en dit !

Tout d’abord, vous pouvez télécharger les partitions en PDF en cliquant ici (c’est gratuit, sans inscription, il suffit de cliquer).

Vous pouvez ensuite visionner les tutoriels dans la vidéo. Si certains styles ne vous intéressent pas, il vous suffira de passer au suivant. Ceci dit, il peut être bon pour la culture de voir la démarche pour passer d’une version à l’autre.

C’est vous qui voyez !

On partira d’abord de la grille en Do majeur :

Jingle Bells - partition - sheet - en do majeur

Ensuite, on variera la main gauche pour étudier les renversements.

Après cela, on partira en ragtime, et on donnera du swing à tout cela :

Jingle Bells - ragtime - partition - sheet

Et comme on aime le rock’n’roll, on va de nouveau changer la main gauche :

Jingle Bells - rock'n'roll - boogie - partition - sheet

Enfin, nous adapterons en valse. La difficulté sera de passer d’une mélodie en 4/4 à une mélodie en 3/4 :

jingle Bells - Valse - partition - sheet

Tout un programme.

Je vous souhaite bon courage et surtout beaucoup de succès pour les fêtes !

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Retrouve-moi sur Instagram !

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Comment avoir l’oreille musicale et la développer ?

Version vidéo de l’article :

C’est une question qu’on me pose souvent sur ce site.

Il est difficile pour vous de reconnaître les notes en les écoutant ?

Quand vous jouez, vous utilisez des repères visuels plutôt qu’auditifs ? Par exemple en visualisant la note sur la partition et sur votre clavier, mais sans savoir exactement le son qu’elle va produire une fois la touche enfoncée ?

Développer votre oreille vous fera forcément progresser.

Et la bonne nouvelle, c’est qu’il est toujours possible de la travailler !

Par contre, si vous voulez avoir l’oreille absolue, c’est-à-dire reconnaître les notes sans avoir la moindre référence au préalable, ce ne sera pas forcément possible. Ceci dit, certains spécialistes disent que c’est inné, d’autres non. Choisissez votre camp.

Mais rassurez-vous, l’oreille absolue n’est pas indispensable.

Dans tous les cas, comme je vous le disais, vous pouvez travailler votre oreille et vraiment progresser. Et je vais vous donner ici quelques exercices pour y arriver (un peu plus loin dans l’article).

Pourquoi développer votre oreille ?

Tout d’abord, vous devez savoir que mieux vous « entendrez », plus vous apprécierez la musique. Savoir distinguer les mélodies jouées par différents instruments d’un même orchestre vous éclairera sur comment sont organisés les sons, les harmonies, comment sont goupillés les instruments entre eux.

Et même si vous écoutez un instrument solo, comme le piano par exemple, vous serez capable de distinguer les différentes voix les unes des autres. Il s’agit alors de différencier les notes jouées, même simultanément.

Cette conscience de l’organisation vous sera non seulement utile, mais procure le plaisir de mieux comprendre les intentions des compositeurs et des musiciens.

Je me rappelle ado, avoir passé des heures et des heures à écouter de la musique, sans faire quoi que ce soit d’autre.

Juste écouter.

Mes copains me disaient qu’il était impossible pour eux de passer une heure à uniquement écouter un CD, ils s’ennuyaient. Ils ne comprenaient pas que je ne faisais pas qu’écouter.

J’étais aussi en mode analyse.

Écouter chaque instrument séparément et simultanément demande un certain effort et beaucoup d’attention et de concentration. Pas de quoi vous ennuyer, je vous assure, quoique cela dépend de ce que vous écoutez, mais ce n’est pas mon genre d’entrer dans ce débat-là…

Commencez donc par écouter en profondeur. Écoutez la mélodie ne vous posera pas de problème, distinguez ensuite la ligne de basse. La basse est primordiale, et le commun des mortels n’y prête même pas attention. Ensuite, attaquez-vous à ce qui se passe entre les 2.

Se repérer

Développer votre oreille vous aidera fortement à vous repérer sur une partition. Quand on débute, regarder une partition n’évoque rien du tout, et c’est normal ! Quand on apprend à chanter les notes dans sa tête, on arrive à fredonner la partition sans la jouer.

Vous allez me dire : quel intérêt puisqu’il faudra de toute façon la travailler ?

Tout d’abord, vous irez bien plus vite. La correspondance entre ce que vous entendez dans votre tête et se qui se passera sous vos doigts se fera de plus en plus naturellement.

Ensuite, l’assemblage des 2 mains sera aussi facilité. Comme vous aurez appris à bien entendre ce qui se passe dans chaque voix, l’agencement entre elles sera encore une fois plus facile.

Enfin, si vous vous perdez en route, vous vous rattraperez beaucoup plus facilement.

Par exemple, sur scène ou en répet, il m’est déjà arrivé de ne plus savoir comment commence un morceau. Je joue souvent par cœur mais de temps-en-temps j’oublie la mélodie. Quand on a joué d’autres choses avant ou qu’on a un grand répertoire, cela peut arriver.

Je me rappelle même avoir vu un artiste français très connu à la télé il y a de très nombreuses années demander au présentateur « Comment ça fait déjà ? » alors que c’était sa propre chanson, c’est vous dire… Pas mon genre de dénoncer, je ne donnerai pas son nom, juste son prénom : PATRICK !!!!!!!!!!

Vous êtes dans l’ambiance, en général sans partition, et c’est à vous de commencer. Soit j’ai quelques petites notes griffonnées dans un coin pour me rappeler le début des morceaux, soit je mémorise le nom des notes plutôt que les paroles.

Comme je sais le son que produira les notes, qu’elles soient écrites ou en connaissant juste leurs noms, je retrouve la mélodie en chantant dans ma tête, et je peux démarrer.

Retrouver d’oreille

Une fois votre oreille exercée, vous pourrez aussi retrouver des mélodies connues sur votre instrument. Je sais qu’à l’heure d’Internet, il est tentant de rechercher tout de suite une partition ou une grille auprès de notre ami Google, mais je vous assure que rechercher par vous-même est un excellent exercice, sans compter les erreurs de transcriptions des internautes.

Jouer à plusieurs

Si vous comptez accompagner quelqu’un ou jouer en groupe, vous serez forcé d’être à l’écoute. Là, il s’agira non seulement d’écouter ce qui se passe autour de vous, mais aussi de jouer en fonction.

La difficulté est double, et demande de la pratique. Combien de groupes débutants n’ont pas de cohésion parce que chacun joue sa partie dans son coin ?

Cet exercice est excellent, et pour vous y entraîner, vous pouvez utiliser des accompagnements. C’est une des raisons pour lesquelles j’en propose dans mes formations.

L’improvisation

Ensuite, développer votre oreille est un passage obligé pour l’improvisation. J’ai connu des personnes qui avaient appris les gammes, et qui jouaient les notes auxquelles ils avaient « droit » dans leur improvisation.

Mais finalement ils jouaient plutôt à l’aveugle, car ils ne savaient pas forcément quel son serait produit au final. Alors que si vous savez retranscrire ce que vous avez dans la tête en notes, un peu comme une dictée musicale, vous saurez improviser.

Transposition

Enfin, pour les plus aguerris d’entre vous, développer l’oreille permettra d’effectuer des transpositions automatiques rien qu’à l’oreille. C’est-à-dire de retranscrire une mélodie ou une grille dans une autre tonalité. À ce propos, j’ai rédigé un article complet sur les transpositions ici.

Vous voyez qu’il y a une multitude d’intérêts à travailler votre oreille, ne passez pas à côté. Utilisez les indications suivantes pour la développer, en parallèle de votre apprentissage. Vous progresserez forcément.

Comment développer votre oreille ?

Passons maintenant à ce qui vous intéresse le plus, j’imagine, à savoir comment améliorer tout ça.

La première chose est de vous donner une note de référence. Dans bien des cas, il s’agira du « la ». Rien de bien neuf à l’horizon.

Je vous donne une petite procédure si vous voulez travailler l’oreille absolue. [Si cela ne vous intéresse pas, sautez le paragraphe.]

Astuce : tentez de chanter le « la » avant de l’écouter. Si vous arrivez à la chanter AVANT de la jouer, votre oreille est peut-être absolue. Reste à voir votre taux de réussite.

Enfant (et encore maintenant), pour retrouver le « la » sans instrument, je tentais de me rappeler celui donné dans le dessin animé Alice au pays des merveilles, au passage où les fleurs, avant de chanter, donnent le « la » et le « mi« .

Allez savoir pourquoi, cela m’a marqué, et j’ai souvent travaillé mon oreille autour de ça… Vous pourrez trouver des astuces similaires, j’en parlerai plus loin.

Vous voulez vous entraîner par rapport à l’oreille absolue ? Chantez des notes devant votre accordeur. Faites-le à différents moments de la journée, car il faut vous détacher de tout référentiel. Il y a aussi des applications qui mesurent les fréquences. Je vous montre comment ça fonctionne dans la vidéo à 8’42.

Bref, revenons aux exercices de développement d’oreille relative.

Une fois que vous avez votre note de référence, le plus simple est de vous entraîner sur les octaves. Tentez de chanter, oralement ou dans votre tête le « la » à différentes hauteurs. Vérifiez ensuite en jouant la note sur un instrument.

La notion de base

Pour moi, la chose la plus importante à faire, c’est d’avoir toujours en tête le nom des notes que vous jouez quand vous les jouez. Ça n’a peut-être l’air de rien, mais c’est super important.

Il vous faut développer cette petite voix dans votre tête qui vous chante ce que vous jouez, et j’insiste : avec le nom des notes !

J’en discutais avec quelqu’un récemment. Cette personne me disait qu’elle ne voyait pas l’intérêt d’avoir en tête le nom de la note, et qu’il suffisait de la retranscrire directement en doigté.

Cette approche, complètement visuelle, peut éventuellement donner des résultats à court terme, mais limitera sérieusement les choses par la suite.

Il sera par exemple impossible de :

  • trouver des correspondances si vous jouez d’un autre instrument,
  • d’avoir conscience de ce que vous jouez,
  • d’improviser,
  • d’analyser les morceaux et j’en passe…

Je vous assure, chantez ce que vous jouez, dans votre tête et/ou oralement.

Au départ, commencez par des morceaux qui contiennent peu de notes, avec des mélodies simples. Puis, chantez tout cela sans instrument, et allez ensuite vérifier si ça correspond.

Certaines oreilles sont tellement formatées sur un instrument, qu’il peut y avoir des problèmes lorsqu’on change la sonorité. Si vous avez un clavier électronique, vous pouvez entraîner votre oreille en changeant de temps-en-temps le son utilisé.

L’écoute verticale

Quand vous entraînez votre oreille sur une mélodie, on parle alors de lecture horizontale. Effectivement, ces éléments s’écrivent sur une portée en ligne.

Maintenant, voyons comment penser verticalement.

Il s’agit alors de vous concentrer sur les notes jouées simultanément. On parle alors d’accords, ou d’harmonie.

Comme sur ce site, j’en parle énormément, vous n’aurez pas de problème pour en trouver !

Bref, concentrez-vous tout d’abord sur des accords majeurs. Prenez l’habitude d’en jouer, d’en écouter les sonorités.

Passez ensuite aux accords mineurs. Vous constaterez que la sensation n’est absolument pas la même. Cela sera d’autant plus flagrant pour vous si vous enchaînez un Do avec un Do mineur par exemple.

Associez donc ces sensations à leurs noms (majeur, mineur…). En connaissant les notes qui composent les accords, vous trouverez beaucoup plus facilement les notes rien qu’en faisant appel à la sensation ressentie à l’écoute.

Une fois que vous vous serez bien exercé sur les accords majeurs et mineurs, passez à d’autres types d’accords : 7e, 7M, augmentés, diminués, etc. Chaque type vous donnera un ressenti différent.

Les intervalles

Les écarts entre les notes se nomment intervalles. J’en ai parlé longuement dans l’article « Comment utiliser les intervalles pour progresser ? » que vous trouverez ici.

Le ressenti de ces écarts vous aidera aussi à les repérer, et vous pourrez reconnaître les notes grâce à cela.

Par exemple, si vous entendez un Do puis un Mi b, la sensation de la tierce mineure deviendra flagrante pour vous et vous trouverez vos notes.

La dictée musicale

En école de musique, pour développer l’oreille, on passe par la dictée musicale. Il s’agit de reconnaître (et d’écrire) les notes entendues. On pourrait croire qu’à l’évidence il faut être au moins 2 personnes : une qui joue et l’autre qui fait l’exercice.

Mais vous pouvez vous en sortir tout seul.

Pour cela, il vous suffit de vous enregistrer, avec un smartphone ou autre, jouant une note, faisant une pause et disant le nom après. Vous en faites quelques-uns, au pif, et vous les ressortez quelques jours plus tard. Vous repassez l’enregistrement et essayez de deviner ce qui est joué.

Et si vous êtes super motivé, je peux vous indiquer un logiciel qui sert justement à développer votre oreille. C’est quelque chose de réputé et de qualité. Il s’agit d’Ear Master, et vous le trouverez en cliquant ici.

Ce logiciel n’est pas gratuit, mais il vous emmènera loin.

Une autre astuce, qui rejoint un peu mon « la » d’Alice au pays des merveilles, est de procéder de la même façon, mais pour n’importe quelle note.

Si vous mémorisez le nom de la première note d’un morceau ou d’un riff que vous conaissez très bien, vous pourrez la retrouvez plus facilement.

C’est quelque chose que j’utilise très couramment. Par exemple avec les morceaux suivants (influences rocks, on ne se refait pas) :

  • si : Satisfaction des Stones
  • sol sol la : Child in time de Deep Purple
  • ré (mineur) : Another brick in the wall de PinkFloyd
  • accord de Sol : Ziggy Stardust de David Bowie
  • la liste est infinie…

… constituez la votre avec ce que vous écoutez depuis longtemps.

Petite mise en garde : de temps-en-temps les artistes changent la tonalité des morceaux dans d’autres versions (en live par exemple), afin de s’adapter à la voix changeante du chanteur.

Quand j’entends une nouvelle version, je suis souvent très perturbé car je m’en rends compte tout de suite et malheureusement je perds mes repères. C’est un peu le problème d’une oreille « presque » absolue.

Pour improviser

Si vous voulez improviser un jour, voici ce que je vous propose : fredonnez ce que vous voulez sur CD ou une musique d’accompagnement, en utilisant le nom des notes comme indiqué précédemment.

Ensuite, quand vous êtes à l’aise, chantez en même temps que vous improvisez.

Vous retrouvez ce principe dans le magnifique solo de Wish you were here de David Gilmour, mais sans le nom des notes.

Je sais, j’ai beaucoup de références guitaristiques, mais c’est une histoire de goût, et honnêtement je ne connais pas d’exemple de ce type au piano. Mais l’exercice est vraiment bon et adaptable ! Vous ferez un bon en avant vers l’improvisation.

Vous avez maintenant pleins d’astuces pour développer votre oreille. N’en faites pas l’impasse : vous êtes musicien et sans oreille vous n’irez pas loin.

Mais ne vous inquiétez pas non plus, il s’agit d’un apprentissage comme un autre, et elle se développera en même temps que votre jeu si vous utilisez tout de suite les bonnes méthodes.

Bon courage !

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Comment utiliser la pédale de sustain ?

Version vidéo de l’article :

Vous avez du mal à jouer avec votre pédale de sustain ?

Peut-être aussi que vous avez des soucis pour la synchroniser avec les autres membres ?

C’est vrai que vous devez déjà coordonner vos 2 mains, alors ajouter un 3e membre ne facilite pas l’affaire…

En plus, sur certaines partitions ou grilles d’accords, vous n’avez strictement aucune indication, et il va bien falloir vous en sortir.

Comme c’est un problème assez récurrent, je me suis dit que ce serait une bonne idée de faire un article sur la pédale afin de fixer les choses une fois pour toute.

Je vous montrerai comment elle fonctionne, comment vous devrez vous positionner, comment l’utiliser et dans quelles circonstances.

Comment fonctionne-t-elle ?

Beaucoup d’entre vous jouent sur les pianos numériques, mais il est bon de rappeler le fonctionnement du mécanisme de la pédale sur un piano acoustique.

En temps normal, lorsque vous appuyez sur une touche, vous avez un petit marteau qui frappe les cordes. Mais vous avez aussi un feutre qui s’en éloigne. Quand vous relâchez la touche, le feutre reprend sa position initiale pour étouffer le son.

Ainsi, on entend la note uniquement quand la touche est appuyée.

La pédale de sustain permet d’annuler l’effet des feutres. Du coup, quand vous relâchez la touche, le feutre ne vient plus étouffer le son, et vous l’entendrez jusqu’à ce que vous releviez la pédale (vidéo à 1’57).

Les pianos numériques simulent cette fonctionnalité. J’ai même entendu des émulations qui reproduisaient le bruit du mécanisme lors de l’enfoncement et du relâchement.

C’est vous dire le degré du réalisme.

Perfection, quand tu nous tiens…

Je voudrais ajouter une petite précision pour les pianos numériques. Si vous avez un modèle de scène, c’est-à-dire sans le meuble, on vous donnera certainement une petite pédale à brancher sur votre clavier.

Et j’en ai eu des problèmes avec ce genre de pédale !

Elle n’est ni lourde, ni fixée au sol, et sur scène j’ai maintes fois été embêté car elle s’éloignait au fur et à mesure que je l’utilisais.

Et quand votre morceau dure un moment, vous ne pouvez pas vous arrêter pour aller rechercher votre pédale ! Tout en jouant, il fallait jongler avec mes 2 pieds pour tenter de rapprocher la bête.

J’ai tout essayé. J’ai même acheté du revêtement de skateboard pour la poser dessus et éviter que ça glisse.

Rien n’y fait !

La seule solution que j’ai trouvée est de mettre une valise ou un flight case juste derrière pour éviter qu’elle recule. Si vous avez une autre astuce : je suis preneur dans les commentaires !

J’ai rencontré un autre problème avec le numérique.

Je ne me rappelle plus dans quelles circonstances, mais je n’avais plus de pédale. J’en ai donc branché une autre que j’avais sous la main. Et elle était d’une autre marque.

Et tout était inversé !

Quand j’appuyais, c’est comme si elle était enfoncée et vice-versa.

Je serais maintenant incapable de vous dire quelles marques. Mais j’ai acheté une pédale de secours au cas où, et celle-ci possède un petit bouton qui permet d’inverser le signal au cas où.

Si vous achetez une pédale de rechange en cas de panne, prenez donc garde à ce qu’elle possède cette fonctionnalité, sinon vous avez une chance sur deux d’aller au mur ! (vidéo à 5′)

Bien se positionner pour toucher les pédales

La bonne position n’est pas forcément celle qu’on a à l’esprit de prime abord. Vous ne devez pas vous asseoir au milieu de votre siège, mais au bord.

Cela vous permettra d’accéder à la pédale en gardant une bonne position des jambes.

C’est un problème que j’ai rencontré enfant, car le siège doit être assez haut pour que les poignets soient bien positionnés, et assez bas pour toucher les pédales. Autant dire qu’à moins de 10 ans, ce n’est pas forcément évident !

L’écriture sur partition

Les indications sont parfois écrites sur certaines partitions. Dans ce cas-là, vous avez de la chance !

La notation est « Ped » quand vous devez appuyer dessus, et une étoile quand vous devez la relâcher.

Surtout, vous devez commencer par travailler votre partition SANS mettre la pédale. Vous l’ajouterez lorsque vous démarrerez la phase d’interprétation avec nuances.

Comme à ce moment-là le déchiffrage des mains est normalement acquis, l’introduction de la pédale ne devrait pas poser trop de problème.

Malheureusement, la pédale n’est pas toujours écrite, et dans ce cas, vous devrez vous adapter.

Comment utiliser votre pédale ?

La pédale a pour utilité de laisser sonner les notes. Cela permet une plus forte liaison entre elles.

Mais le 2e effet Kiss Cool est que vous risquez une sacrée cacophonie si vous la laissez enfoncée trop longtemps.

Le premier conseil que je peux vous donner est donc de vous ÉCOUTER.

Cela n’a l’air de rien dit comme ça, vous pensez peut-être même que c’est inutile de le dire à des musiciens, mais vous ne pouvez pas imaginer le nombre de personnes qui jouent sans s’écouter.

Ils ont les yeux rivés sur la partition, ou en pleine concentration pour éviter des fausses notes, mais pas d’écoute de soi.

Or, c’est extrêmement important, et pas seulement pour la pédale !

Écoutez-vous, tenez compte des sonorités qui sortent de votre instrument et jouez-en dans votre interprétation.

Votre feeling en dépend.

Le second conseil est de penser à relever la pédale à chaque changement d’accord. Ce n’est pas une règle absolue, mais c’est un bon début.

Relevez la pédale juste avant de jouer l’accord suivant, sinon vous mélangerez les 2. Et vous la rabaissez sur le temps du nouvel accord.

Fréquemment, vous appuierez donc sur le temps.

Évidemment, si votre accord dure trop longtemps, pensez à la relever de temps-en-temps, mais là il n’y a pas de règle : cela dépend du morceau et aussi de la vitesse d’interprétation.

J’en reviens au point n°1 : écoutez-vous !

Troisièmement, si vous mettez de la pédale en fin de morceau, faites attention à bien contrôler la fin du son.

Souvent, il faut laisser mourir l’accord final, et relever la pédale trop brusquement saccagera purement et simplement votre morceau.

Prenez donc bien le temps de finir votre morceau et de ne pas être trop pressé d’en finir.

Soyez musical !

Enfin, voici mon dernier conseil et pas des moindre : n’en abusez pas !

Avec l’habitude, on utilise la pédale par reflexe. Cela devient automatique. Mais certains morceaux n’en demandent pas, ou pas tout le temps.

Si vous devenez un furieux de la pédale, que vous la mettez à toutes les sauces, vous allez lasser votre auditoire.

Pensez donc de temps-en-temps à volontairement jouer sans, et écoutez bien si vous avez plus à perdre ou à gagner à en ajouter.

Encore une fois, c’est l’écoute qui le déterminera.

Vous avez maintenant de quoi utiliser votre pédale à bon escient. Si vous l’utilisez correctement, elle enrichira votre jeu, mais le maître mot reste l’ÉCOUTE.

Vous êtes ici dans le domaine des nuances et de l’interprétation, et c’est votre objectif.

Bon courage.

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Les examens de musique vous font-ils réellement progresser ? (et comment les réussir)

Version vidéo de l’article :

Vous connaissez cette sensation ?

Vous attendez votre tour devant une porte fermée.

D’autres attendent aussi, et l’ambiance est très tendue.

La moiteur s’installe sur vos main. Vous avez l’impression d’avoir complètement oublié votre morceau. Vous vous jetez sur votre partition pour la lire et la relire.

L’élève qui passait avant vous ressort avec la tête de Droopy.

Ça y est, c’est à vous !

Vous ouvrez la porte, et vous vous retrouvez devant un jury de 3 à 5 personnes. Pas vraiment de sourire… Le ton est très solennel.

Vous leur donnez votre partition, et vous vous installez sur votre siège.

Vous serez jugé sur votre travail. Peu de gens acceptent la critique. Et si vous ratez votre interprétation, le jury ne verra pas forcément le travail que vous avez fourni, toutes ces heures, ces journées et ces mois d’efforts. Et vous aurez du mal à accepter qu’on vous dise que vous n’avez pas fourni les efforts nécessaires, que cela soit vrai ou faux d’ailleurs.

Si vous passez des examens, restez bien jusqu’à la fin, car je vais vous donner des conseils pour les préparer et les réussir.

Mais est-ce vraiment utile ?

Est-ce que passer des examens fera de vous un(e) (ou une) meilleur(e) musicien(ne) ?

La première chose à savoir, c’est que si vous n’avez pas d’objectif professionnel, louper votre examen et continuer dans le même niveau ne sera pas vraiment un problème. Votre professeur particulier vous apportera de toute façon de nouvelles choses à apprendre. S’il est bon, il s’adaptera à votre niveau quel qu’il soit.

Et donc vous progresserez quoi qu’il arrive.

Vous devrez quand même préparer votre examen final avec le fameux morceau de fin d’année. Et même s’il est facile pour vous, vous apprendrez toujours quelque chose.

C’est votre stress que vous devrez apprendre à gérer. Apprenez à vous contrôler quand vous jouez dans des conditions particulières, en public ou devant un jury.

Et une fois qu’on a passé quelques examens, la scène vous semblera tellement plus facile !

Que regarde le jury ?

Tout d’abord, votre connaissance du morceau bien évidemment.

Votre technique aussi, que vos phrasés soient naturels, et que votre tempo soit maîtrisé. Accélérer ou décélérer sont des choses à effectuer volontairement, pour la musicalité du morceau. Mais si vous ralentissez à chaque passage difficile, cela s’entendra forcément.

Vous serez aussi évalué sur votre musicalité, votre capacité à transmettre vos émotions.

Mais une des choses que le jury regarde en priorité, c’est votre capacité à vous rattraper en cas de problème. Cela révèle votre connaissance du morceau. Et cela se travaille vraiment…

J’en ai souvent parlé sur ce site, je ne reviendrai donc pas sur la façon d’apprendre. Je vous renvoie aux liens suivants :

Ce qui me pesait le plus, c’étaient les têtes de déterrés des membres du jury, la tension de mes camarades de jeu et le stress du public quand il y en avait un. J’ai bien dit le stress DU PUBLIC ! Ils ont peur pour nous, et nous le communiquent très fortement.

Un artiste, quelque soit son niveau et sa discipline, est d’abord et avant tout une éponge à émotions, ainsi qu’un transmetteur de ces mêmes émotions.

Rien que les regards de tous ces gens vous plombent l’ambiance.

Vous devez jouer votre pièce de musique en faisant passer quelque chose, devant un jury qui vous remet directement à votre place rien qu’en vous regardant.

Mais cela fait partie du jeu. Et c’est aussi valable pour n’importe quel examen oral au cours de vos études.

Finalement, entrer sur scène pour un concert devant un public, même froid, est facile à côté.

Le public avait aussi pour consigne de respecter le travail des élèves en n’applaudissant pas.

Cela me gênait, mais finalement, cela se comprend.

Une fois, j’avais vraiment réussi mon exam’ en mettant la patate. J’étais tellement dans mon truc que j’avais même joué 3 fois la première reprise sans m’en rendre compte ! J’étais vraiment dedans.

Et les gens ont applaudi quand même. Il s’était passé quelque chose cette année-là. On m’a fait sauter une classe. L’année d’après, pour la petite histoire, ça n’a franchement pas été aussi glorieux !

Mais les autres élèves qui devaient passer après moi me l’ont reproché. C’était difficile pour eux. J’ai compris quelques années plus tard quand je me suis retrouvé dans la situation inverse, et que je suis passé après une élève qui s’était débrouillée bien mieux que moi.

Ces examens sont des événements marquants dans une vie. Mais est-ce vraiment utile ?

Pouvez-vous être un(e) bon(ne) musicien(ne) sans passer d’examen ?

Je pense que c’est tout-à-fait possible, mais à deux conditions.

Il faut jouer fréquemment en public et accepter les critiques. Bien sûr, je ne parle pas d’un « c’est nul ! », mais bien entendu de critiques constructives.

Comme tout apprentissage, il vous faudra accepter ce qu’on vous dira. Et ce sera souvent plus facile pour vous quand cela viendra d’un professeur plutôt que du public.

On apprend souvent de nos échecs. Je n’ai jamais été autant marqué au piano que l’année où j’ai échoué et où on m’a remis à ma place, même si j’ai eu beaucoup de mal à l’accepter.

J’avais toujours eu mes examens, avec en plus félicitations du jury. Et l’adolescence étant ce qu’elle est, j’ai commencé à me reposer sur mes lauriers. Si bien que les progrès se faisaient plus rares.

Je travaillais de moins en moins, alors que les pièces devenaient de plus en plus difficiles.

Je passe devant le jury de fin d’année, avec une prof que je ne connaissais pas, et qui n’avait pas peur de dire les choses.

Et là, j’ai pris une sacrée douche froide !

WHOUAHOUOUOUOU ! Ça réveille ! C’est le moins qu’on puisse dire.

Elle m’a parlé sans détour, son discours était clair. Elle parlait d »or dans les doigts » et surtout du « gâchis« .

À partir de là, vous avez deux solutions :

  • soit vous arrêtez tout,
  • soit vous vous donnez un sacré coup de fouet pour avancer.

Je ne suis franchement pas convaincu qu’avec un prof particulier, ou en apprenant par moi-même, j’aurais su rebondir…

Je n’irai pas jusqu’à dire que les seuls bénéfices de passer des exams est de se faire secouer de temps-en-temps pour notre bien. Mais si vous n’en passez pas, ayez un regard critique sur votre jeu, et surtout un travail constant.

Si vous passez des examens dès votre plus jeune âge, les examens de musique vous aideront dans vos études ou dans votre vie professionnelle.

Le simple fait d’avoir dû vous exprimer dans une telle ambiance à plusieurs reprises vous sera utile pour un oral du bac ou de fac, ou même pour un audit, par exemple. Une fois qu’on est passé seul devant un jury de 4 ou 5 personnes en n’ayant même pas 10 ans, cela vous forge. De plus, je trouve qu’on n’a moins de stress en général étant enfant qu’à l’âge adulte.

Au regard de tout ce que nous avons vu, les examens de musiques ne sont pas inutiles. Ils apportent beaucoup de choses, mais tout de même avec une approche très scolaire.

Si vous n’en passez pas parce que vous apprenez par vos propres moyens, ou que vous avez un professeur indépendant, ayez donc une attitude pour compenser.

Pour moi, deux aspects sont nécessaires pour y parvenir :

  • jouer en public. Même si vous ne faites pas de concert, jouez régulièrement devant vos proches,
  • accepter la critique constructive.

Je dirais qu’un adulte y arrivera plus facilement, car il saura en général mieux se pendre en main qu’un enfant. Mais c’est vrai, cela dépend des objectifs et de la volonté de chacun.

Maintenant que vous avez vu l’utilité des examens, je vais vous donner quelques conseils pour bien les préparer et les réussir au mieux.

Avant l’épreuve

Quand vous revenez d’un examen ou même d’un concert, et que vous avez fait un canard, vous le repassez dans votre tête, et plus jamais vous ne referez cette erreur (à moins d’un vrai problème technique).

C’est une des raisons pour lesquelles on dit qu’un concert vaut 10 répétitions.

Utilisons cet effet en vous mettant le plus possible en condition AVANT l’événement.

Imaginez-vous entrer dans cette fameuse salle, imaginez votre jury, et mettez-vous dans l’état mental de l’épreuve.

C’est quelque chose que je faisais souvent, et les failles de votre jeu devraient ressortir. Vous saurez donc quoi retravailler si nécessaire.

Ensuite, réunissez du monde. Des personnes dont les avis importent à vos yeux. Simulez plus ou moins l’examen, et écoutez les avis.

Pour un premier concert, faites de même !

Attention tout de même à ces avis. À moins que vos proches ne soient des pianistes aguerris, ils ne vont pas forcément pointer les mêmes choses. Et si ce sont des proches, leur regard ne sera pas forcément objectif. Tata Jacqueline n’aura pas le même avis qu’un prof de conservatoire. Mais cela pourra vous aider, car vous aurez tellement la tête dans le guidon que vous passerez peut-être à côté de quelque chose d’évident.

Autre conseil important : essayez le clavier avant.

Voilà un problème que les autres instrumentistes n’ont pas.

Lors d’un examen de piano, vous jouerez sur un instrument qui ne sera pas le votre.

Cela n’a l’air de rien, mais je vous assure que c’est très important.

Chaque clavier a un toucher, des réactions et des sonorités qui lui sont propres :

  • le toucher plus ou moins lourd,
  • les touches qui glissent plus ou moins,
  • les différences de volume par rapport aux différences de jeux,
  • la réverbération de la salle entre aussi en ligne de compte. Sans entrer dans les détails, une longue réverbération nuira à l’intelligibilité du jeu, surtout pour les morceaux rapides,
  • la force pour appuyer sur la pédale de sustain,
  • le type du piano : droit, à queue ou numérique. Je vous garantis que le rendu sera différent à chaque fois,
  • la hauteur du siège, mais j’en reparlerai un peu plus loin,
  • l’accordage : cela peut paraître étrange à notre époque, mais les pianos n’étaient pas toujours à 440Hz ! Certains n’étaient même pas accordés du tout. Si votre oreille est absolue (ou presque), c’est gênant, c’est le moins qu’on puisse dire,
  • et j’en oublie certainement…

Et plus vous monterez en niveau, plus ces notions auront de l’importance.

En école de musique, mon prof faisait toujours le dernier cours sur le piano d’examen, différent du piano de cours habituel (à cause d’un regroupement de communes). Mais là encore, je vous raconte ma vie…

Enfin, même si j’en ai déjà parlé, apprenez à vous reprendre de n’importe quel endroit du morceau.

Voyons maintenant ce qu’il faut faire pendant l’examen

En attendant votre tour, vous allez certainement ressentir un stress, plus ou moins fort suivant votre tempérament.

Si vous y êtes sujet, apprenez à respirer régulièrement et à vous emballer le moins possible.

C’est une maîtrise de soi à acquérir qui est utile dans la vie de tous les jours.

Plus facile à dire qu’à faire, je sais…

Voyons des éléments plus concrets :

  • Vérifiez la hauteur du siège par rapport à la tenue des poignets et l’accès aux pédales. N’ayez pas peur de le régler. Si vous passez après quelqu’un qui fait 3 têtes de moins, vous ne serez pas à l’aise. Petit rappel : les poignets ne doivent pas être cassés,
  • Ne vous précipitez pas pour en finir au plus vite. C’est tout le contraire ! Et le principal sera de faire un bon départ.

Voici comment procéder : chantez les premières mesures dans votre tête avant de démarrer. Et faites-le en vous disant le nom des notes, et surtout à la bonne vitesse.

Vous pouvez me croire, j’ai vu plein d’élèves partir trop vite. Cela s’explique facilement, puisque cela colle avec l’émotion ressentie à ce moment-là.

Soignez votre vitesse !

  • Enfin, soyez le plus expressif possible. Or, l’expressivité est aussi fonction de votre ressenti du moment. C’est pourquoi vous n’aurez certainement pas envie d’écouter un morceau de Maiden pour vous endormir. La maîtrise de vous entrera encore une fois en jeu ici. Il vaut mieux exagérer les nuances plutôt que ne pas en faire.
  • Et si vous vous trompez, faites comme si cela n’était pas arrivé. Ne reprenez pas, continuez ! Le jury s’en rendra compte, mais il verra aussi que vous savez vous rattraper. Cela demande une certaine maîtrise.
  • Arrivé à la fin du morceau, prenez le temps de laissez mourir les notes. Surtout si cela finit par un point d’orgue, c’est-à-dire par une tenue de l’accord final.

On le tient souvent avec la pédale. Laissez sonner le temps qu’il faut. Une fois que vous avez tout lâché, ne bougez plus pendant quelques secondes. D’abord parce qu’il serait bête de jouer des notes par maladresse à ce moment-là (si si, ça arrive), et ensuite parce qu’il faut un silence après la musique.

Ne vous montrez pas trop hâtif pour repartir.

Ensuite, levez-vous calmement, sans précipitation, reprenez votre partition et quittez les lieux.

Ça y est, c’est fini !

Et après ?

Repensez à votre interprétation. La vie du morceau ne s’arrête pas là. Votre examen vous aura donné une expérience et une maturité dans votre jeu.

Analysez tout cela.

Soyez critique envers vous-même, mais pas trop sévère non plus. Ne ressassez pas sans cesse vos échecs et soyez le plus objectif possible.

Rejouez votre morceau régulièrement, entretenez-le, et faites-vous plaisir !

Maintenant, vous avez tout ce qu’il faut pour bien réussir vos examens.

Passez-le le plus sereinement possible, et rendez-vous l’année prochaine au cours supérieur !

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Comment apprendre plus rapidement grâce à l’écoute ?

Version vidéo de l’article :

Peut-être que vous avez le même problème que moi.

Vous jouez de la musique en plus d’autres activités, et vous n’avez plus beaucoup de temps pour en écouter.

Chaque minute passée à écouter correspond à une minute en moins pour jouer vous-même.

On peut se poser la question : est-il nécessaire d’écouter de la musique pour progresser quand on apprend à jouer d’un instrument ?

Je vais commencer par vous raconter une petite histoire, la première qui me vient à l’esprit quand j’entends cette question.

Quand j’étais en école de musique, j’avais proposé à mon prof un morceau de Clémenti. Ma marraine m’avait offert un disque vinyl avec une partition. Hé oui, à cette époque, il n’y avait pas encore beaucoup de CD !

Mon prof était très intéressé par ces morceaux, et les trouvait intéressants. Pour ma part, je trouvais qu’ils étaient assez entraînants par rapport à ce que je jouais habituellement.

Finalement, on y a choisi un titre, et il décida même de le présenter en examen.

C’était la première fois que je jouais quelque chose que j’avais déjà entendu, excepté les comptines genre « Au clair de la lune » de la Méthode Rose. À chaque fois, jusqu’alors, j’avais devant les yeux une partition qui m’était complètement inconnue.

Voici donc ce que j’ai constaté, et ce malgré mon jeune âge de l’époque…

1 . le déchiffrage

Je peux vous dire que le déchiffrage a été sacrément plus rapide !

Surtout si vous avez l’habitude de chanter le nom des notes que vous entendez, c’est vraiment très efficace. Cela devenait plus une question de doigtés que de notes. Il fallait mettre le bon doigt sur une note que je connaissais déjà, ou presque…

2. La vitesse

Vous vous doutez bien que sur l’enregistrement, la vitesse d’interprétation était assez rapide, puisque joué par un adulte professionnel.

Et la première chose qu’on a envie de faire, c’est de jouer tout de suite à vitesse réelle. Et c’est ici que se trouve l’effet pervers. On fonce, même si l’apprentissage n’a pas encore été fait correctement.

Faites-vous donc une raison, et ne vendez pas la peau de l’ours ! Reprenez le travail lent, en articulant bien à fond, en surveillant chaque doigt, et en accélérant petit à petit.

Par contre, vous avez une idée très précise de l’objectif à atteindre.

3. Les nuances

Au départ, vous allez mimer les nuances du disque. Et c’est une bonne chose, car cette phase d’interprétation fait malheureusement défaut à beaucoup de monde.

Ce n’est que progressivement que vous pourrez y inclure votre propre sensibilité. Mais cela se fera en prenant des distances avec l’enregistrement.

Cette année-là, j’avais vraiment réussi mon examen, et d’autres élèves disaient : « C’est normal, il a le disque !« 

Vous voyez que ce n’était franchement pas courant à l’époque…

Du coup, ayant constaté que cela avait vraiment été bénéfique, mes parents et moi avons systématiquement recherché des enregistrements des morceaux d’examen. D’autant plus que les pièces se compliquaient sérieusement.

Maintenant, on tape sur Google ou YouTube les références, et hop vous entendez le morceau. Mais avant, il fallait commander le CD. Il nous arrivait même de devoir acheter un double CD pour écouter un seul titre qui nous intéressait. Bien entendu, on pouvait écouter le reste de l’album, mais bon…

Une dernière chose sur les enregistrements. Il arrivait parfois d’entendre plusieurs versions d’un même titre, jouées par des interprètes différents.

Et là, on se rendait vraiment compte des différences. Cela se joue bien entendu sur les nuances, mais aussi sur les vitesses. Il arrivait aussi qu’un même interprète jouait différemment une pièce suivant le moment de sa carrière. Par exemple les Variations Goldberg de Bach par Glenn Gould qui ont une durée quasiment doublée, si je me souviens bien, entre deux de ces enregistrements.

Et je ne parle pas uniquement de musique classique. Nombre de versions sont différentes. Par exemple une version studio et une version live. Il arrive même que les notes jouées ne soient plus les mêmes. Ce sont les arrangements qui ont été refaits, mais ça, c’est une autre histoire…

Donc oui, il est bon d’écouter de la musique pour progresser. Et pas seulement ce que vous jouez. Enrichissez votre style en variant vos écoutes.

Et si vous ne voulez pas trop perdre de temps, écoutez dans les transports par exemple.

Quand je dois apprendre un répertoire rapidement pour un remplacement ou une prestation dans un délai très court, je me fais une playlist à écouter le plus fréquemment possible. Repérez les structures, les nuances, etc.

Par contre, je ne sais pas si vous avez déjà ressenti la chose suivante…

Je trouve que certains morceaux perdent un peu de leur charme lorsqu’on les joue. Le fait de les interpréter, d’en analyser les rouages brise un peu leur magie.

Je serais très content que vous me mettiez en commentaire si vous avez déjà eu cette impression, histoire de me sentir moins seul…

« Écoute de la musique de notre style »

J’ai beaucoup entendu cette phrase, surtout quand je jouais dans des formations avec des styles bien précis.

Et là, vous avez 2 approches opposées :

  • soit vous voulez entrer complètement dans les codes du style joué, et dans ce cas vous devez en écouter un maximum pour vous en imprégner complètement,
  • soit vous jouez d’une façon un peu différente, en façonnant votre jeu avec des influences d’autres styles, afin de créer quelque chose de plus ou moins nouveau et qui vous est très personnel. Cela a construit des nouveaux styles, comme le métal symphonique par exemple.

Pour ma part, je pense que la meilleure solution se situe quelque part entre les deux, même si je penchais plutôt pour la seconde. Mais cela ne doit pas forcément être VOTRE solution. Cela dépend de VOTRE propre approche musicale.

Faites-en votre propre idée, définissez vos propres objectifs et sélectionnez vos écoutes en fonction.

Vos propres enregistrements

Il reste une dernière chose par rapport à l’écoute, histoire d’être le plus exhaustif possible. Il s’agit de VOS PROPRES enregistrements !

C’est bien de compter sur un professeur pour corriger vos défauts. Mais il existe une autre approche complémentaire et très efficace : enregistrez-vous !

Il est maintenant très facile de le faire avec votre smartphone par exemple. Vous aurez même la vidéo.

Et vous verrez qu’en vous regardant, vous constaterez des défauts. Comme par exemple des variations de vitesse, un manque de nuances, etc. On ne se rend pas compte de tout quand on a la tête dans le guidon.

Du coup, cela vous fera prendre conscience de vos défauts pour les retravailler et vous améliorer. Ensuite, réenregistrez-vous pour écouter vos progrès.

Évidemment, cela ne sert strictement à rien de le faire en phase de déchiffrage ou de travail technique. Je parle ici de l’étape finale d’interprétation.

Vous enregistrer vous stressera peut-être un peu. Le regard d’une caméra déconcerte beaucoup. C’est donc un excellent entraînement pour préparer un examen ou jouer en public.

Je parle d’ailleurs plus longuement d’enregistrement dans l’article Faut-il enregistrer vos répétitions ? publié sur mon autre site ici)

Bilan de tout cela :

OUI, écoutez un maximum de musique, y compris la vôtre !

Variez les styles, soyez le plus ouvert possible : il y a toujours des choses à prendre.

J’espère que vous trouverez des solutions pour le faire sans empiéter sur votre planning de jeu.

J’ai évoqué ici des enregistrements, mais n’oublions pas la scène.

Bougez-vous, allez voir des concerts, et même des masterclass !

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