Les fous du piano

Les 21 plus grosses erreurs au piano

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Version vidéo de l’article :

D’un élève à l’autre, on retrouve souvent les mêmes erreurs.

Il vous sera certainement bien utile de les connaître afin d’y remédier si vous êtes dans un ou plusieurs des cas suivants.

Lisez-les bien, et n’en sous-estimez aucun. C’est l’application de tous ces éléments qui fera la différence.

C’est parti, voici les erreurs les plus fréquentes au piano :

1) Jouer du piano sur un synthé

Le piano et le synthétiseur sont 2 instruments différents. Le toucher n’est pas le même, et la finalité non plus.

Un synthétiseur proposera beaucoup de sonorités différentes, ainsi que des rythmes et des arrangements.

Un piano numérique simule le toucher d’un piano acoustique. Le jeu est complètement différent, même si les claviers se ressemblent.

Faites votre choix dès le départ entre le piano et le synthé, et formez-vous sur l’instrument choisi.

Beaucoup de personnes me demandent si un petit synthé est bien pour débuter le piano. Ma réponse est toujours la même :

Non ! Ce ne sont pas les mêmes instruments.

2) Ne pas vous asseoir correctement

Le premier réglage à faire est celui de votre siège. La bonne hauteur est celle pour laquelle vos poignets ne sont ni tordus vers le haut, ni vers le bas.

Asseyez-vous sur le bord du siège, pour bien accéder à la pédale.

3) Mauvaise position des doigts

C’est une erreur très fréquente. Les doigts doivent être en forme de marteau, et l’auriculaire toujours bien droit !

Soyez très vigilent quand vous jouez : les doigts 2, 3 et 4 doivent toujours être arrondis dans le bon sens.

4) Les doigts sont collés sur le clavier

Encore une erreur courante. Ne collez pas vos doigts sur le clavier. À force, votre jeu restera brouillon et vous aurez beaucoup de mal à progresser techniquement. C’est d’autant plus vrai quand vous travaillez lentement.

5) Utiliser des mauvais doigtés

Si vous jouez sur partition, mettez les bons doigtés. Même s’il est vrai qu’ils peuvent dépendre de votre propre morphologie, il y a des positions à maîtriser, comme le passage du pouce par exemple.

Et ce n’est pas parce que des doigtés vous semblent farfelus qu’ils sont faux. Par contre, ils vous feront progresser techniquement, et gagner en vélocité.

6) Ne pas articuler

Soignez votre articulation ! Travailler lentement, le plus distinctement possible.

L’articulation est le secret des progrès techniques. Vous n’avez pas le choix, c’est ce qui fera la différence.

Une bonne technique vous permettra aussi de mieux contrôler votre clavier, et de jouer avec nuance et sensibilité.

7) Ne pas jouer à une vitesse régulière

Vous devez être régulier. La vitesse, qu’on appelle tempo, doit être la même tout le long du morceau, sauf indication contraire.

Beaucoup de personnes jouent vite quand c’est un passage facile et connu, et ralentissent quand ça se complique. C’est vraiment très courant.

Pour y arriver, apprenez à jouer au métronome. Commencez à vitesse réduite, et augmentez-la petit-à-petit. Vous pouvez aussi utiliser un accompagnement instrumental, comme j’en propose dans mes formations. Ce sera un peu plus stimulant qu’un métronome.

8) Jouer tout de suite mains assemblées

Jouer mains séparées est indispensable quand vous déchiffrez une nouvelle partition, surtout si elle est compliquée. Une fois que chaque main est bien déchiffrée et régulière, commencez à assembler en observant bien les rythmiques.

9) Jouer toute la partition tout de suite

Si vous apprenez un nouveau morceau et qu’à chaque erreur vous reprenez au tout début, vous perdez votre temps ! Concentrez-vous sur les passages difficiles.

Un excellente astuce consiste à jouer des passages d’une mesure + 1 note, pour l’enchaînement. Reprenez ce passage jusqu’à ce qu’il soit maîtrisé. Ensuite, prenez des passages plus grands, toujours avec une note supplémentaire.

10) Jouer trop rapidement au début

Vous commencez une nouvelle partition, et vous jouez lentement. C’est normal puisque vous déchiffrez.

Puis, quand vous maîtriserez un peu mieux vos notes, vous serez tenté d’aller plus vite. Vous brûlerez certainement quelques étapes. Il faut accélérer petit-à-petit pour surveiller et développer votre technique, sinon de gros défauts s’installeront à la longue.

11) Ne pas apprendre un minimum de solfège

Le solfège vous embête peut-être, mais c’est important. Vous ne devez pas apprendre les 7 clés, un minimum suffit.

Si vous voulez vraiment progresser et ne pas être limité un jour, ne sous-estimez pas le solfège. Je ne crois pas aux méthodes miracles sans un minimum d’efforts.

12) Ne pas connaître le nom des notes que vous jouez

En musique classique, c’est une évidence. Et si vous pensez que sous prétexte de jouer en accords, vous pouvez utiliser des repères visuels où je ne sais quoi d’autre, vous avez tort.

C’est vraiment important et cela fera la différence, c’est absolument certain, vous pouvez me croire.

13) Ne pas faire de nuances

Vous n’êtes pas un robot. Excepté quand vous travaillez, vous devez montrer de la sensibilité en nuançant votre jeu. Pour y arriver, il n’y a pas 50 solutions, il faut travailler un minimum de technique.

14) Trop utiliser la pédale de sustain, ou pas assez

La pédale peut apporter un jeu très pianistique. Mais utilisé à outrance, cela devient une vraie cacophonie.

Apprenez à la doser, ayez conscience de vos mouvements de pied en jouant. C’est vrai que ce n’est pas évident de coordonner 3 membres. Pensez à nos amis batteur qui en ont 4…

15) Ne pas essayer d’apprendre par cœur

Libérez-vous de votre partition ou de votre grille d’accords ! Une fois votre “texte” connu, il sera beaucoup plus facile pour vous de vous concentrer sur l’interprétation, et non sur la lecture des notes.

Commencez par petits passages. Tentez de retrouver vos notes si vous vous trompez. Si vous n’y arrivez pas, relisez votre partition. Je crois beaucoup à la pédagogie par l’erreur. Vous vous rappellerez bien mieux d’un problème que vous aurez résolu vous-même.

Cette notion est à mon avis grandement sous-estimée.

16) Ne pas connaître la tonalité dans laquelle vous jouez

Cela peut vous paraître anodin, mais la tonalité est importante. Cela vous permettra de mieux gérer vos altérations, et de mieux marquer les cadences.

Commencez à analyser ce que vous jouez, et vous verrez que beaucoup de choses se répètent d’un morceau à l’autre. Le déchiffrage sera de plus en plus facile, et vous mémoriserez plus facilement vos morceaux.

17) Ne pas aller au bout des choses

Allez voir l’école de musique près de chez vous, et comptez combien il y a d’inscrits en première année, et combien en 7e année, par exemple. Vous constaterez une sacrée différence.

Ne vous découragez pas ! Oui, il faudra fournir quelques efforts. Mais c’est à ce prix que vous progresserez et prendrez de plus en plus de plaisir à jouer.

18) Ne pas travailler tous les jours, même un petit peu

Vous rentrez du boulot, vous en avez plein la tête, et la dernière chose que vous avez envie est de vous mettre à votre clavier.

Essayez de le faire quand même, même si c’est pour 5 minutes.

Si vous n’avez pas de clavier à proximité, mimez vos notes sur une table, ou relisez votre partition, ou encore écoutez un enregistrement de ce que vous apprenez actuellement.

Rappelez-vous : il vaut largement mieux jouer 10 minutes par jour, qu’une heure le dimanche !

19) Jouer uniquement pour soi

La musique est un partage.

Mon ancien directeur disait tout le temps qu’on jouait pour les autres. Montrez votre sensibilité, n’ayez pas peur.

Que se passera-t-il si vous vous plantez ?

Rien.

Par contre, je vous garantis que vous serez on ne peut plus motivé pour corriger vos erreurs.

Et rappelez-vous qu’un concert vaut au moins 5 répétitions !

20) Être dans l’autosatisfaction

Pendant longtemps, j’étais satisfait de ce que je jouais…

Jusqu’à ce que je me rende compte que je ne progressais plus !

N’ayez pas trop d’ego. Ceci dit, il en faut quand même un petit peu. Les musiciens aiment en général qu’on les écoute, et c’est bien normal !

21) Ne pas aller sur le site lesfousdupiano.fr

Bon, je vous l’accorde, ce n’est pas vraiment indispensable…

Mais quand même ! C’est pour votre bien !

Tous ces sujets, et bien d’autres sont traités sur ce site. Il vous suffit de surfer ou d’aller sur le plan du site en cliquant ici.

Vous trouvez que cela fait beaucoup ? Vous pensez que c’est inaccessible ?

Non !

Il vous suffit d’appliquer les bonnes méthodes dès le départ. Ensuite, cela deviendra automatique.

N’hésitez pas à revenir sur ce site si vous avez besoin d’aide, il est là pour ça.

Maintenant, récapitulons tout ça. Voici les 21 commandements pour jouer du piano :

1. Sur un piano acoustique ou numérique de 88 touches tu joueras

2. Sur ton siège, tu t’assiéras correctement

3. Tes doigts aux bonnes positions tu mettras

4. Tes doigts du clavier tu décolleras

5. Les bons doigtés tu utiliseras

6. Correctement tu articuleras

7. Régulièrement et au bon tempo tu joueras

8. Mains séparées tu déchiffreras

9. Toute la partition tout de suite tu ne joueras

10. Lentement au début tu joueras

11. Un minimum de solfège tu apprendras

12. Le nom des notes jouées tu connaîtras

13. Des nuances tu feras

14. La pédale de sustain à bon escient tu utiliseras

15. Par cœur tu apprendras

16. La tonalité du morceau tu connaîtras

17. Au bout des choses tu iras

18. Tous les jours tu travailleras

19. Pour les autres tu joueras

20. Dans l’autosatisfaction tu ne tomberas pas

21. Sur le site lesfousdupiano.fr tu iras !!

Pour télécharger l’infographie récapitulative en grand format, cliquez sur l’image :

Comme ça, vous pourrez l’encadrer et l’accrocher dans vos toilettes si ça vous dit…

Maintenant, c’est à vous de jouer !

Dites-moi dans les commentaires si vous commettez une ou plusieurs de ces erreurs, et laquelle (ou lesquelles).

Vous pouvez aussi écrire ce qui vous pose le plus de problème par rapport aux points abordés ici.

Bon courage !

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Commentaires

  1. Jacqueline  octobre 20, 2018

    Bonjour Ludo,
    Je tiens à vous remercier de votre mail de ce jour,
    En effet je reconnais « mes erreurs » dans ce que vous avez décrit :
    – je joue vite lorsque le passage est compliqué « pour moi ».
    – je ne cherche pas la tonalité du morceau
    – Ne fais pas écouter le morceau à mon entourage, vue que je ne maîtrise pas encore comme il faut les morceaux que je joue.
    Je reviens sur la leçon sur les intervalles, au moins maintenant j’ai compris lorsque l’on nous parle d’intervalles dans la musique.
    Je vous remercie pour vos précieux conseils.

    répondre
  2. Jacqueline  octobre 20, 2018

    Ludo re-bonjour,
    Voici le complément de mes erreurs :
    – Mon gros problème c’est le “tempo”… dès que je mets le métronome je suis perdue, impossible de suivre,
    – En effet, lorsque je me trompe je repars à “0”.
    Merci Ludo et à bientôt.

    répondre
    • Ludomus  octobre 20, 2018

      Merci beaucoup pour ce commentaire très complet.
      Par rapport au rythme, je pense qu’il faut d’abord jouer mains séparées au métronome et en comptant tout haut. C’est embêtant, mais à la longue ça paye.
      Ensuite, il faut assembler par passages d’une mesure + 1 note (pour l’enchaînement), toujours en comptant tout haut.
      Jouer au métronome est désagréable au début. C’est pourquoi, lorsque c’est possible, il peut être intéressant de jouer avec des accompagnements (basse-batterie par exemple). C’est souvent plus stimulant et peut-être plus intuitif.
      Merci encore pour la participation. Je pense que les erreurs évoquées concernent beaucoup de lecteurs du site et j’espère que ça les aidera.
      À très bientôt !

      répondre
  3. Monique  octobre 20, 2018

    Oui mon gros défaut est de jouer vite les passages faciles, et de ralentir pour les difficiles (du coup on dit que je n’ai pas de rythme, car en effet le tempo change tout le temps. ) mon prof m’oblige maintenant à jouer sans partition ( moi je restais toujours scotchée à ma lecture: depuis avec le par cœur je repère beaucoup mieux les passages semblables et aussi les accords. Le solfège j’adorais et j’ai même suivi des cours d’analyse musicale, ce qui me passionne car j’aime comprendre la structure. Par contre si je reconnais à ll’armure les clés , je ne les reconnais pas encore à l’oreille. L’analyse musicale et le solfège m’ont appris à repérer la structure d’un morceau et les cadences. Position assise et des doigts ça c’est ok. Je souhaiterais m’ameliorer dans la maîtrise des empreintes… je travaille les intervalles comme vous l’a e suggéré dans la vidéo sur les intervalles ( génial / merci): quand je joue je ne sais plus décoller du piano ( instrument choisi plutôt que le synthétiseur), et il arrive que je ne puisse jouer certains jours : je vais donc m’efforcer au moins de me consacrer ces jours là à 10 minutes … merci pour tous vos super conseils!!!!!!

    répondre
    • Ludomus  octobre 20, 2018

      Merci beaucoup pour cette analyse détaillée.
      Je pense qu’il est bon de faire ce travail sur soi. Cela permet de prendre du recul quand on a la tête dans le guidon, et de travailler là où on a des problèmes.
      Cela montre aussi un certain sérieux et votre motivation dans l’apprentissage.
      Jouer par cœur est très important à mon avis. Je suis d’ailleurs étonné de voir que certains profs ne le demandent pas. Je pense que cela apporte beaucoup dans l’interprétation, la compréhension et l’écoute de soi (nuances, etc.)
      Je suis tout-à-fait d’accord avec vous en ce qui concerne l’analyse de ce qu’on joue.
      Non seulement on mémorise mieux, mais en plus on comprend comment les choses sont construites, et à la longue on déchiffre de mieux en mieux, de plus en plus facilement.
      C’est pourquoi il y a pas mal d’articles théoriques sur ce site, tout en essayant de les mettre en pratique le plus vite possible.
      Bon courage à vous, surtout si vous arrivez à jouer un peu tous les jours.
      J’avoue donner ce bon conseil, même si j’ai moi-même du mal à m’y tenir (pour être honnête…)

      À très bientôt !

      répondre
  4. Monique  octobre 20, 2018

    Je dois ajouter que le métronome et compter quand je joue est tres loin d’être aquis pour moi: c’est une véritable épreuve!!! J’en arrive à même me tromper dans les chiffres que je dis…!!
    .et me concentrer sur les chiffres… alors je perds le rythme …
    Bref je suppose que là difficulté vient du fait de faire plusieurs choses différentes à la fois.
    les conseils donnés plus hauts à Jacqueline vont un peu m’encourager et me soutenir…j’admire vraiment la rigueur de ceux qui jouent parfaitement en rythme !!

    répondre
    • Ludomus  octobre 21, 2018

      C’est vrai que ce sont difficiles à acquérir au début. Il faut penser à plusieurs choses à la fois. Dans le jargon de l’éducation, on appelle cela la “surcharge cognitive”… C’est long à mettre en place, mais on le regagne par la suite, à force de s’exercer. Malheureusement, pour le rythme il n’y a pas 50 solutions…
      Surtout, si vous rencontrez des difficultés, privilégiez le travail très très lent, et par tous petits morceaux.
      Bon courage, ça va finir par venir !

      répondre
      • Monique  octobre 22, 2018

        Merci Ludo, ok alors , si c’est la seule manière d’y arriver je vais m’accrocher et accepter la surcharge cognitive et la lenteur obligée : je vais prendre ce mal en patience…. (Qu’est ce qui pourrait peut être le rendre un peu plus joyeux… ? )je Suppose rien du tout… Ou que ça n’ajouterait encore que plus de surcharge cognitive …)

        répondre
        • Ludomus  octobre 22, 2018

          Une astuce pour que cela semble moins astreignant est d’utiliser des accompagnements ou des disques.
          C’est quand même plus stimulant et vivant. Par contre, on ne peut pas varier la vitesse…
          Ce site propose même de télécharger des accompagnements en supprimant la partie piano, par exemple, pour pouvoir la jouer par-dessus :
          karaoke-version
          Mais cela dépend du style que vous jouez.
          Bon courage !

          répondre

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