Les fous du piano

Comment progresser en apprenant les gammes majeures ?

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Version vidéo de l’article :

Voici une question qui revient souvent.

Vous avez certainement déjà entendu parler des gammes.

On associe bien souvent l’apprentissage du piano (ou d’un autre instrument) à celui de ces fameuses gammes.

Oui, l’apprentissage des gammes vous fera progresser techniquement.

Oui, l’usage des gammes facilitera votre connaissance théorique, car vous reconnaîtrez plus facilement vos tonalités, ce qui doit être un réflexe pour vous.

Par contre, les gammes ne sont pas forcément faciles à recaser dans votre musique. Par exemple, vous n’allez pas monter et descendre votre gamme sur tous les morceaux de votre répertoire.

En tout cas, pas directement.

Je ne voulais pas vous donner un énième article qui vous explique uniquement comment former les gammes et comment les jouer. Il faut aussi et surtout vous montrer comment les travailler efficacement, en faisant des variations, et surtout comment les utiliser dans votre propre musique.

Vous trouverez tout cela ici.

Voyons rapidement comment former les gammes majeures, et surtout comment les travailler et les utiliser dans votre propre musique.

Les gammes majeures sont un bon point de départ pour commencer. En général, la construction des autres gammes en découle.

La gamme la plus simple au piano est celle de Do majeur, parce qu’elle utilise uniquement les touches blanches. Comme vous le savez certainement, vous jouerez toutes les notes do, ré, mi, fa, sol, la, si, et vous revenez à votre point de départ do. (vidéo à 1min50)

En la jouant, ou en l’écoutant, vous vous rendez compte que ces sonorités vous sont plus que familières.

Maintenant, jouons-la dans d’autres tonalités. Le but de l’opération sera de ressentir les mêmes sensations quelque soit votre point de départ.

Et pour ce faire, le secret est de garder les mêmes écarts entre les notes, c’est-à-dire les mêmes intervalles.
Voyons ça tout de suite.

Pour rappel, et en simplifiant au maximum, on considère que l’écart entre chaque touche correspond à 1/2 ton. Je parle ici de toutes les touches, noires et blanches.

Si vous regardez le clavier ci-dessous, vous pourrez en déduire les écarts entre chaque notre de la gamme de do :

Les voici maintenant sur une portée :

Pour retrouver toutes les tonalités majeures, il vous suffira de reporter les mêmes écarts en prenant un autre point de départ. Ce n’est ni plus ni moins que cela.

Prenons par exemple la gamme de Sol majeur. Reportons les tons et les 1/2 tons. Nous nous retrouvons du coup avec un fa#.

Prenons maintenant un dernier exemple d’une gamme plus compliquée, Sol b majeur :

Dans cet exemple, presque toutes les notes sont altérées. Vous constatez 2 choses :

  • il y a un do bémol, que vous jouerez sur la touche si. Cela s’appelle l’enharmonie,
  • cette gamme se jouera au piano de la même façon que celle de Fa # majeur, écrite avec des dièses. Toutes les notes sont les enharmonies des précédentes :

Ordre des dièses et des bémols

Il existe plusieurs astuces pour retrouver les gammes sans devoir à chaque fois recompter les tons et les 1/2 tons. Je vais être un peu théorique, désolé, mais je veux être le plus complet possible. Et ensuite, c’est promis, je vous montre comment progresser en les travaillant.

La première chose à connaître, c’est l’ordre des dièses et des bémols.

Ordre des dièses :

fa – do – sol – ré – la – mi – si

Vous constatez qu’il faut ajouter une quinte à chaque fois pour avoir la note suivante.

L’ordre des bémols est l’inverse :

si – mi – la – ré – sol – do – fa

Apprenez-les par cœur pour être le plus efficace possible.

Mais pourquoi apprendre ces 2 séquences ?

Parce qu’il vous suffira de savoir combien il y a de dièses ou de bémols dans chaque tonalité pour les placer.

Par exemple, si vous avez une tonalité majeure avec 3 dièses, on prendra les 3 premiers dièses de la liste, à savoir fa, do et sol.

Si vous avez une tonalité avec 5 bémols, on prendra les 5 premiers de la liste : si, mi, la, ré et sol.

Combien d’altérations dans chaque tonalité ?

Il ne vous reste plus qu’à retrouver le nombre d’altérations présentes dans chaque tonalité.
Pour ce faire, il y a plusieurs astuces.

Les tonalités à dièses

Règle n°1 : à part Do majeur et Fa majeur, toutes les tonalités ont des dièses s’il n’y a pas de bémol indiqué dans leur nom.

Par exemple, Ré, Mi, Sol, La et Si majeur sont des tonalités à dièses, tandis que Mi BÉMOL majeur est une tonalité à bémols (sans blague…).

Règle n°2 : il vous suffira de prendre le 1/2 ton inférieur pour retrouver le dernier dièse de l’ordre des dièses.

Exemple : La majeur, moins 1/2 ton donne sol #. Je prends l’ordre des dièses jusqu’à sol # : fa, do et sol.

La majeur aura donc 3 dièses, fa, do et sol.

Autre façon de faire pour trouver le nombre de dièses : comptez combien il y a de quintes à partir de do. Et à chaque quinte, cela nous fera un dièse en plus.

Reprenons l’exemple de La majeur :

  • do + une quinte = sol (5 notes : do ré mi fa sol), j’arrive donc en Sol majeur avec 1 dièse,
  • sol + une quinte = ré (5 notes : sol la si do ré), j’arrive en Ré majeur avec 2 dièses,
  • ré + une quinte = la (5 notes : ré mi fa sol la), j’arrive en La majeur avec 3 dièses,
  • etc.

Nous retrouvons les 3 dièses de La majeur.

Les tonalités à bémols

On va réutiliser notre système de quintes, mais cette fois-ci en descendant. Le nombre de bémols correspond au nombre de quintes justes à partir de do en descendant.

Prenons l’exemple de Mi bémol majeur :

  • do – une quinte = fa (5 notes : do si la sol fa), j’arrive en Fa majeur avec 1 bémol,
  • fa – une quinte = si b (5 notes : fa mi ré do sib), j’arrive en Si b majeur avec 2 bémols,
  • si b – une quinte = mi b (5 notes : si b la sol fa mi b), j’arrive en Mi b majeur avec 3 bémols,
  • etc.

En Mi b majeur, nous avons donc 3 bémols. D’après l’ordre des bémols, ce sera si, mi et la.

Entraînez-vous à retrouver les altérations pour chaque tonalité. Cela fait peut-être beaucoup de choses d’un coup. Pour vous aider, je vous ai préparé un PDF avec les gammes majeures, que je vous invite à télécharger en cliquant ici.

Maintenant que vous savez les former (ou que vous avez téléchargé le fichier précédent), allons plus loin.

Regardons comment les travailler efficacement.

Le travail des gammes

Il ne vous sera par forcément facile de recaser tout de suite le travail de vos gammes dans votre musique. C’est d’ailleurs pour cela que je ne l’avais pas encore abordé sur ce blog.

Voici les intérêts et les points importants à surveiller dans le travail des gammes :

  • mémorisation des altérations dans chaque tonalité,
  • acquérir des automatismes dans chaque tonalité,
  • bien mettre les doigtés et surveiller les passages du pouce,
  • être extrêmement régulier,
  • bien articuler.

Le travail sera au départ très lent, en articulant très fortement et même exagérément.

Je vais bien entendu prendre Do majeur pour vous expliquer les démarches, ce sera plus simple. Je rappelle qu’en Do majeur, il n’y a pas d’altération.

La première chose à regarder est le doigté. Vous devez repérer les passages du pouce. Je vous les ai indiqués dans le fichier à télécharger. Les revoici pour do majeur :

Les doigtés du dessus correspondent à la main droite, et ceux du dessous à la main gauche.

Voici les étapes à suivre. Ne passez à l’étape suivante qu’après avoir maîtrisé la précédente, c’est très important (vidéo à 8min45) :

  1. Jouez dans un premier temps la gamme sur 2 ou 3 octaves. En montant et en descendant sans vous arrêter. Repérez les passages du pouce. Il vous suffit de repérer le doigt n°1. Passez bien votre pouce SOUS le doigt précédent. Mains séparées, très lentement au métronome, en articulant au maximum sans bouger le coude lors du passage du pouce. Sur le PDF, j’ai inscrit uniquement les doigtés utiles pour les passages du pouce, les autres sont logiques.
  2. Une fois que vous maîtrisez l’exercice précédent (et pas avant), jouez mains assemblées.
  3. Ensuite, augmentez la vitesse petit-à-petit. Votre métronome vous aidera à rester régulier. Ce sont ici les méthodes les plus courantes. Mais allons encore plus loin.
  4. Variez les rythmes, jouez avec des motifs rythmiques différents. Par exemple croche/2 doubles, 2 doubles/croche, double/croche/double. C’est un excellent exercice !
  5. Autre variante : utilisez les notes des gammes pour former des motifs. Par exemple, jouez 3 notes, redescendez et reprenez les 3 notes à partir de là.

Un exemple sera plus parlant :
do ré mi, ré mi fa, mi fa sol, fa sol la, … et en descendant.

Vous pouvez jouer la gammes avec les doigtés donnés sur partition, c’est un très bon exercice. Mais je dois vous avouer qu’on peut le jouer autrement, par exemple avec les doigtés 1 2 3, 1 2 3, 1 2 3… Ce sont 2 exercices que vous pouvez faire.

Évidemment, vous pouvez aussi cumuler cet exemple avec des variantes rythmiques.

Je vous donne en bonus une sixième façon de les travailler :

6. Vous pouvez aussi les jouer en octave. Les doigtés seront toujours 1-5, il n’y aura plus de passage du pouce, mais je trouve qu’il est important de bien apprendre à jouer en octave : c’est souvent utile au piano, que ce soit à la main droite ou à la main gauche.

Le problème des gammes, c’est qu’on pense souvent que c’est un travail gratuit, c’est-à-dire juste un exercice pour un exercice. Et c’est vrai qu’il est difficile de les recaser tels quels dans votre propre musique. Vous n’allez pas monter et descendre vos gammes sans arrêt dans un même morceau.

C’est pour cela que je vous ai indiqué certaines variantes. Vous pourrez aussi en trouver par vous-même maintenant que vous en connaissez les mécanismes.

Le travail des gammes n’est pas inutile pour des raisons que j’ai déjà évoquées ici. Beaucoup de pianistes conseillent d’ailleurs d’en faire un peu tous les jours. Cela vous permettra de progresser techniquement, mais aussi de vous entretenir quand vous n’avez pas trop de temps.

Pour finir, vous pouvez bien entendu jouer tous les exercices et les variantes sur d’autres gammes, comme par exemple les gammes mineures, pentatoniques, diminuées, etc.

Les exercices ne manquent pas.

Bon courage !

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Commentaires

  1. Jean-Pierre  septembre 8, 2018

    Merci Ludo,
    Des explications simples et pas rébarbatives.
    Bonne continuation
    Jean-Pierre

    répondre
    • Ludomus  septembre 8, 2018

      Merci beaucoup ! Bon courage pour les gammes !
      À bientôt pour les gammes mineures…

      répondre
  2. pujar  septembre 8, 2018

    Luc

    Tout simplement Merci Ludo.

    Bonne continuation

    Cordialement

    répondre
    • Ludomus  septembre 9, 2018

      Merci pour le commentaire.
      À très bientôt pour les gammes mineures !

      répondre
  3. Jeff  janvier 20, 2019

    Merci j’ai en effet compris le passage du pouce.

    répondre
    • Ludomus  janvier 20, 2019

      Bonjour,
      Le passage du pouce est quelque chose d’extrêmement important au piano. Il faut surtout éviter de bouger le coude.
      Une fois cette technique maîtrisée, vous pourrez vous déplacer bien plus facilement sur tout le clavier.
      À bientôt !

      répondre

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