Les fous du piano

Comment utiliser le métronome au piano (sans avoir envie de le balancer par la fenêtre) ?

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Version vidéo de l’article :

Il en a rebuté plus d’un.

Alors, ami ou ennemi ?

Le métronome renvoie une image très rigide de l’apprentissage du piano.

On s’imagine le piano d’étude, avec le métronome en bois et l’élève qui joue inlassablement ses gammes.

Et il faut bien avouer que cette image en fait frémir plus d’un, car on s’imagine très bien le professeur tyrannique juste à côté.

Le métronome est-il vraiment utile ? Comment l’utiliser correctement ? C’est ce que je vous propose d’étudier maintenant.

Autant le dire tout de suite, oui : le métronome est utile et même nécessaire.

Vous progresserez en l’utilisant.

Je vais vous indiquer comment vous en servir, afin d’être le plus efficace possible et d’éviter si possible la lassitude.

La base

Quand vous êtes en phase de déchiffrage, si la partition est difficile, laisser le métronome de côté. Cela rajouterait une contrainte supplémentaire dont on n’a pas besoin à ce moment-là.

Par contre, une fois que votre lecture de notes est au point, vous l’introduisez.

Afin d’être le plus clair possible, je vais prendre l’exemple d’une gamme à jouer et non d’un morceau. Il faut bien partir de quelque chose.

Jouons donc la gamme de Do majeur.

Tout d’abord, mettez le clic à une vitesse lente, et jouez une note par pulsation. Le but, bien entendu, sera que la note tombe strictement en même temps que le battement. Pour cela, vous devez anticiper cette pulsation, vous devez vous caler dessus et deviner quand elle tombera.

Si vous rencontrez des problèmes avec ça, je vous conseille dans un premier temps de ne pas jouer, mais de vous entraîner en tapant dans vos mains.

Jouons-donc une note à chaque battement. C’est comme si nous ne jouions que des noires. Voir vidéo à 2’10.

Ensuite, et seulement quand vous êtes au point, jouez à la croche. C’est-à-dire que le clic tombe sur une note sur deux.

Encore une fois, il faudra bien tomber sur le temps. C’est un petit peu plus difficile, mais je vous assure que c’est très important. Voir vidéo à 3’58.

Enfin, vous pouvez jouer au triolet ou à la double croche. Voir vidéo à 5’20.

Quand vous en serez à ce point-là, vous aurez déjà progressé.

Petite astuce : marquez le clic en appuyant un peu plus fort sur les touches quand il tombe. Cela vous donnera un réflexe qui vous donnera plus de régularité par la suite, quand vous lâcherez votre ami le clic.

Déjà, avec ces éléments-là, vous avez de quoi travailler.

L’accélération et variations rythmiques

Vous pouvez accélérer petit-à-petit, par exemple en ajoutant 5 points à chaque fois. Ne passez bien entendu à la vitesse suivante que lorsque vous maîtrisez celle-ci.

Dépassons maintenant notre vieux métronome et utilisons maintenant des rythmes.

Hé oui, avec l’électronique, vous pouvez maintenant varier les rythmes !

Au lieu de jouer des noires, le métronome peut jouer d’autres choses, par exemple les rythmes suivants :

Vous pouvez donc utiliser des rythmes différents avec ces métronomes numériques. Voir vidéo à 7’05.

En jouant comme cela, vous allez briser un peu la monotonie, et en plus vous progresserez rythmiquement.

Travailler autre chose

Je vous ai volontairement pris l’exemple d’une gamme. Dans ce cas, toutes les notes peuvent être jouées avec la même unité rythmique, c’est-à-dire qu’on joue tout en doubles croches par exemple.

Mais les partitions sont en générale plus variées rythmiquement, à part les études de Chopin par exemple pour lesquelles je me suis sacrément cassé les dents !

Donc dans ce cas, vous pouvez jouer à la noire les mesures binaires, et à la noire pointée les mesures ternaires.

Ce n’est pas une règle absolue, car vous avez des morceaux qui sont par exemple pensés à la blanche. Mais c’est un bon point de départ.

Si vous jouez un blues en ternaire, vous pourrez régler votre métronome en conséquence. Voir vidéo à 11’37.

Marre ! Marre ! MARRE !!

Et si vous en avez assez ? Vous avez envie de balancer votre métronome par la fenêtre ?

Que faire dans ce cas ?

Une autre astuce sera de remplacer votre métronome par une boucle de batterie. C’est beaucoup plus agréable et stimulant. C’est pour cela que je propose beaucoup d’accompagnements dans mes formations.

Vous devriez trouver des boucles assez facilement sur internet. Si vous avez un synthétiseur, vous pouvez aussi l’utiliser de cette manière, car il en propose en général une quantité astronomique.

Alors, attention quand même !

Sur ce site, je vous mets souvent en garde par rapport au piano et au synthétiseur, en vous disant que ce ne sont pas les mêmes instruments, sans bien sûr dénigrer ni l’un ni l’autre.

Donc, si vous apprenez le piano, mais que vous avez un synthétiseur, vous mettez le rythme en route sur le synthé, et vous travaillez sur votre piano.

Et en groupe, faut-il jouer au métronome ?

Plusieurs lecteurs de ce site ont pour objectif d’intégrer un groupe, ou tout simplement d’accompagner quelqu’un d’autre.

On peut donc se demander l’utilité du clic dans ce cas-là.

Tout d’abord, le fait d’avoir fait le travail précédent en amont vous donnera un sérieux avantage lors de la mise en place en groupe. C’est un premier point indéniable.

Ensuite, pour vous expliquer l’utilité du clic, je vais vous expliquer mon intégration dans un de mes premiers groupes.

Il y a quelques années maintenant, j’avais intégré une formation, et je n’avais pas encore l’expérience actuelle. Cela fait partie de mes premières expériences.

On commence à travailler des titres, et je me suis rendu compte que certaines choses clochaient au niveau du tempo, dans des breaks.

Par exemple, quand il y a une pause et qu’il faut tous réattaquer au même moment. Ou alors cette sensation qu’il y a une mise en place bancale.

Nous ne travaillions pas au métronome. Et quand on a commencé à instaurer le clic, on s’est rendu compte qu’on n’était pas en place du tout.

Je vous assure qu’on a beaucoup gagné en précision une fois que le batteur s’est mis un métronome au casque.

Je ne dis pas de le faire à chaque fois, mais cela mets bien les choses au clair de temps-en-temps.

Et si vous voulez vous enregistrer, en studio ou en home studio, on joue très souvent au clic. Cela peut paraître embêtant. Je n’ai pas le temps d’évoquer les raisons pour lesquelles c’est important ici car ce n’est pas le sujet, mais jouer au clic est plus que monnaie courante en enregistrement.

Lors d’une séance d’enregistrement en studio, j’ai demandé à mon ami batteur (pro) si ce n’était pas trop embêtant de toujours devoir faire attention au clic. Il m’a répondu un jour qu’il ne fallait pas être obsédé par lui, mais plutôt le considérer comme un membre du groupe quand on joue.

À la fin, on ne s’en rend même plus compte, et cela devient de plus en plus naturel.

Entraînez-vous donc au clic, car cela remet votre jeu en place.

Dans le jeu au piano, il arrive souvent que l’interprète prenne des libertés avec la pulsation. Quand il joue seul, il y a souvent des ralentis ou des accélérations.

Alors je vous mets en garde. Il faut que ces variations soient contrôlées, et que vous en ayez vraiment conscience.

C’est pour cela que je vous conseille d’abord de jouer au métronome pour que la pulsation soit vraiment au point dans votre tête et maîtrisée.

Et si le morceau permet des libertés dans ce cas faites-le de façon contrôlée.

Bon métronome à vous !

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Comments

  1. Miard  novembre 24, 2019

    excellente vidéo.
    tres interessante sur un dujet rebutant.
    Merci.
    Serge.

    reply
    • Ludomus  novembre 25, 2019

      Bonjour,
      Merci beaucoup. C’est vrai que le métronome n’est pas l’ami de tous !
      Bon courage

      reply

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