Improvisation

6 astuces pour varier votre jeu et ne pas lasser votre auditoire (ni vous-même)

Version vidéo de l’article :

Vous connaissez certainement la structure suivante :

Intro – Couplet – refrain – couplet – refrain – solo – pont – couplet – refrain (bis) – fin

Cette structure (à quelques interventions près) est utilisée à toutes les sauces…

En tant que pianiste, vous devez bien souvent jouer 3 couplets, et à peu près 4 refrains.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les structures se répètent, encore et encore…

Seul un petit pont de temps-en-temps rompt la monotonie.

Vous, en tant que pianiste, devez trouver des moyens de varier votre jeu, pour éviter de jouer 2 fois la même chose dans le même morceau. Sinon votre auditoire, et vous-même à la longue, allez sacrément vous lasser.

« Oh ! Encore un couplet, il va nous rejouer la même chose encore une fois, et après, il va encore nous resservir le même refrain ! »

Comment faire ?

Si vous jouez en accords, vous avez uniquement votre grille de couplet, et votre grille de refrain.

Et c’est tout.

C’est important si vous accompagnez quelqu’un ou si vous jouez en groupe. Mais si vous jouez seul, cela devient tout simplement vital !

Voyons donc maintenant comment varier votre interprétation, ou 6 façons de varier votre jeu sans lasser votre auditoire.

C’est parti !

1. Sans changer les notes : les Nuances

La première possibilité qui s’offre à vous est peut-être de changer votre intensité de jeu.

Pour rappel, on dit qu’on joue « piano » quand on joue avec douceur, et « forte » quand on joue plus fort.

Utilisez ces déjà ces 2 nuances de base pour être le plus expressif possible.

Ensuite, il arrive souvent dans un morceau d’avoir un couplet joué moins fort, avec plus de douceur.

D’une part cela varie votre jeu, et d’autre part cela montre votre capacité à jouer de façon expressive.

Pour pouvoir facilement passer d’un registre fort à un autre plus doux, il n’y a pas de secret : vous devez maîtriser votre articulation pour mieux contrôler votre clavier.

Application : tentez de jouer un de vos morceaux préférés des 2 façons. Vous verrez qu’à force, vous allez devenir de plus en plus expressif. Vous allez attirer l’attention de votre auditoire en brisant la monotonie, et tout cela sans changer une seule note !

2. Les rythmiques

Une autre variation consiste à changer de rythmique. Pour cela, vous pouvez :

  • Déplacer rythmiquement des notes de la mélodie,
  • Changer de rythmique à la main gauche,
  • Jouer différents arpèges,
  • Inverser le binaire et le ternaire,
  • Changer de vitesse. Dans ce cas, faites très attention de contrôler la vitesse, sinon c’est elle qui vous emportera ! Ne le faites pas à chaque fois, et plutôt en fin de morceau.

Exemple en vidéo à 3’47.

Si vous jouez en groupe, mettez-vous bien en phase avec les autres membres, sinon vous allez au mur.

Si vous êtes seul, ayez toujours la pulsation en tête pour bien retomber sur vos pattes ! En effet, plus vous vous éloignez de la rythmique d’origine, plus il sera compliqué de revenir à celle du départ.

3. Utilisez les intervalles !

Voici une variation très utile. Si vous avez déjà lu l’article « Comment harmoniser une mélodie 2/2« , vous savez de quoi je parle !

Vous pouvez enrichir votre main droite en jouant plusieurs notes à la fois au lieu d’une. Je vous renvoie à l’article/la vidéo consacré, mais je vais quand même vous parler de 2 cas très courants.

Jouer en octave

Oubliez vos doigtés de main droite, et jouez tout en octave avec des doigts 1 et 5.

Non seulement cela variera votre jeu, mais en plus cela vous donnera plus de présence.

Jouer des octaves est très très courant au piano, que ce soit à la main droite ou à la main gauche d’ailleurs.

Entraînez-vous, et vous verrez qu’à force, votre main attrapera automatiquement le bon écart.

Exemple en vidéo à 5’45.

Ajouter une tierce

Cette variation est redoutable.

Ajoutez si possible une tierce au-dessus de la mélodie en jouant 2 notes à la fois.

Je dis « si possible  » car il faut que la grille d’accord vous le permette (je vous renvoie à l’autre article/vidéo).

Vous pouvez utiliser des doigtés genre 1-3, 2-4, 3-5, ou enchaîner 1-2, 1-3, 2-4…

Attention aussi à vos altérations à la clé (quand je vous dis qu’il faut toujours connaître la tonalité du morceau…)

Cette technique est aussi utilisée pour harmoniser des chœurs ou d’autres instruments.

Ce n’est pas forcément facile au début car il y a beaucoup de choses à prendre en compte à la fois (intervalles, doigtés, altérations), mais je vous encourage à tester l’affaire au plus vite !

Exemple en vidéo à 7’34.

4. Changer d’octave

Une autre variation, plus simple celle-là, consiste à jouer la mélodie de main droite sur une autre octave, ailleurs sur le clavier.

N’allez pas n’importe où non plus, car chaque zone du clavier apportera un feeling différent. Une mélodie jouée dans les médiums, les aiguës ou le suraigu n’aura pas la même présence ni la même intention.

Cela vous permettra à force de gérer tout le clavier et de développer différents feelings sur chaque zone.

Vous verrez, cela va aussi changer votre façon de jouer, et vous cernerez mieux les possibilités de votre instrument.

Exemple en vidéo à 10’38.

5. Les interventions de fin de phrase, appelées aussi réponses

Si vous écoutez un peu de blues (si si, écoutez-en !), vous constaterez que la guitare répond très souvent au chant. Lorsque c’est joué par un chanteur/guitariste, il y a même une symbiose totale entre les 2. La guitare complète les phrases du chant, on appelle cela une réponse.

On peut bien entendu le faire aussi au piano.

Alors, je vous vois venir…

Vous vous dites que cela n’a aucun intérêt si vous ne chantez pas.

Hé bien détrompez-vous !

Vous pouvez ajouter des réponses à votre mélodie.

C’est une très bonne technique, mais il faut l’aborder subtilement.

En effet, si vous répondez systématiquement et dans la même zone du clavier que celle utilisée par la mélodie, vous risquez de créer une confusion. Votre auditoire ne distinguera plus la mélodie de la réponse.

Pour commencer, faites-le pour des mélodies avec pas mal de durée entre les vers. Tentez d’ajouter une petite réponse à l’octave supérieure. Ne cherchez pas les complications : juste un petit accord ou un arpège pour commencer. Petit-à-petit, vous chercherez à enrichir vos réponses.

Exemple en vidéo à 13’04.

6. Les Pêches

Alors là, c’est quelque chose que j’affectionne particulièrement. J’ai appris cette technique dans mon premier groupe.

Pour la petite histoire, j’ai eu l’autorisation parentale de jouer en groupe une fois mon bac en poche. Le soir même, après la dernière épreuve (SVT si je me souviens bien), j’ai décroché mon téléphone pour répondre à une annonce. Et c’est comme cela que je me suis retrouvé embarqué dans un groupe hommage à Elvis Presley, avec des personnes qui avaient entre 15 et 30 de plus que moi.

Et il s’est instauré une complicité de jeu avec le batteur, qui avait plus d’expérience scénique que moi.

Dans son jeu, il plaçait des pêches, c’est-à-dire des gros coups de cymbales plus ou moins annoncés. Et je me suis mis à les accentuer aussi, en les marquant au clavier en jouant un accord assez fortement.

Vous pouvez aussi les marquer à l’orgue Hammond.

C’est quelque chose d’extrêmement utilisé avec une section cuivre. Écoutez des musiques de ce style, et repérez ces pêches.

Si vous jouez en groupe, prenez l’habitude de suivre votre batteur. Les pêches peuvent être prévues au préalable en répétition, mais tentez d’en faire de façon improvisée.

Pour ce faire, soit vous, soit votre batteur annoncez la pêche à venir. Par exemple avec une descente de toms, un roulement, ou un glissando au clavier.

Si vous jouez seul, tentez de simuler l’effet de groupe [jouer exemple sweat home Chicago]. Vous êtes dans ce cas un orchestre à vous tout seul et il faut tout faire !

Une fois que vous aurez pris l’habitude de placer des pêches, les morceaux vous sembleront bien plats quand il n’y en aura pas. Il m’est arrivé en groupe d’en ajouter dans certains morceaux, et quand j’écoute les originaux, je ressens souvent un manque.

Je vous en montre un exemple dans la vidéo à 17’21.

Vous avez maintenant pas mal d’éléments à mettre en place pour varier votre jeu et rompre la monotonie.

Ayez toujours ces éléments en tête quand vous jouez en accord ou quand vous improvisez. Vous pouvez me croire, cela fera vraiment la différence !

Bon courage, et n’ayez pas peur de taper à côté.

Plus vous vous planterez, et plus vous progresserez.

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Comment harmoniser une mélodie ? Seconde partie – Enrichir votre main droite

Vous avez votre mélodie, vous avez votre grille d’accords, mais vous voudriez enrichir votre jeu de main droite.

Cela tombe à pic, car je vais vous montrer ici comment jouer plusieurs notes à la fois à la main droite, en utilisant les accords.

Vous entrez ici dans le domaine de l’arrangement musical.

Vous pourrez même réutiliser ces notions pour jouer avec plusieurs instruments.

Pour vous expliquer ces notions, le plus simple était de réaliser une vidéo. La voici :

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Comment commencer à improviser au piano ?

Version vidéo de l’article :

J’ai déjà vécu ce moment.

Celui où vous balancez votre partition et où vous vous dites : « Maintenant, je joue ma propre musique ! »

Mais une fausse idée persiste.

Loin de nous la prétention d’être aussi bons que les compositeurs géniaux classiques ou rock !

Non, ce n’est pas cela.

C’est la volonté de vous exprimer par vous-même et non au travers les notes d’un autre. Un petit peu comme si vous vouliez raconter une histoire avec vos propres mots.

Il faut en finir avec cette sombre idée : il n’y a rien de prétentieux là-dedans.

Il y a bien longtemps, j’ai trouvé dans un journal ce joli texte, assez court, mais qui en dit long sur l’improvisation. Malheureusement, je n’en ai jamais retrouvé l’auteur.

Pas mal, n’est-ce pas ?

Mais concrètement, comment faire ? Par où commencer ? Comment éviter le syndrome de la page blanche ?

Non, il ne suffit pas de mettre vos mains sur le clavier pour sortir un magnifique solo du premier coup, ça se saurait…

Mais ne croyez pas non plus que c’est inaccessible. Comme pour tout, vous y arriverez à force de pratiquer.

Je vais vous donner ici des éléments pour commencer à improviser, quelques démarches. Car c’est toute le difficulté : comment vous dire quoi jouer, mais que cela vienne de VOUS ?

Je relève le défi, c’est parti.

La technique

Tout d’abord, vous devez savoir qu’il ne faut pas forcément une technique de malade pour improviser. Vous pouvez tout-à-fait jouer de très belles mélodies sans faire 10 notes à la seconde.

La technique conforte, c’est vrai, mais elle est indépendante de l’inspiration. J’ai déjà vu d’excellents pianistes incapables d’improviser.

Par contre, c’est vrai, la technique vous apportera au fur et à mesure des réflexes.

Par exemple, si vous travaillez des arpèges de plusieurs sortes, comme ceux que je vous propose dans cet article 71 exercices techniques sur un seul accord, vous allez acquérir certains automatismes qui pourront alimenter votre improvisation.

Il en va de même pour les gammes, les passages de pouce, les déplacements, on en reparlera plus loin.

Mais sachez qu’énormément de solos nécessitent peu de technique.

Fredonnez

La première chose à faire si vous voulez improviser, c’est de développer votre sens mélodique.

Qui n’a jamais siffloté à tout-va ?

Qui n’a jamais fredonné des « pa pa la pa pa » ?

Finalement, improviser n’est ni plus ni moins que cela.

Le problème sera de convertir en notes, puis en doigtés ces sonorités déjà en vous.

Vous devez apprendre à reconnaître les notes que vous entendez, comme une dictée musicale.

Bien sûr, je vais vous donner d’autres astuces dans la suite de cet article, mais je pense que c’est très important.

Travaillez votre oreille. J’ai d’ailleurs tourné une vidéo là-dessus, le lien est ici.

Avec l’habitude, vous saurez jouer ce que vous entendez en connaissant le nom des notes (vidéo à 4:05).

Ensuite, écoutez cette petite voix en vous, apprenez à l’écouter et à convertir ce qu’elle chante en notes.

D’ailleurs, au début, cette petite voix se fera bien discrète quand vous vous mettrez devant votre clavier. Il faut aussi apprendre à la stimuler sur commande !

Stimuler votre petite voix inspirante

Lorsque j’ai commencé à improviser, je me suis rapidement mis à jouer avec des disques.

Mettez une musique que vous aimez et dont vous connaissez les accords, et pianotez par-dessus.

C’est un exercice sympa, qui non seulement développera votre capacité à trouver des mélodies, mais en plus vous jouerez en rythme. Vous apprendrez à ne pas vous arrêter sur un doigt qui flanche pour continuer à suivre le morceau.

Très bon exercice, mais n’hésitez pas ensuite à retravailler la technique qui vous a manquée quand vous avez fait des erreurs.

Malheureusement, avec cette méthode, cela peut rapidement devenir du brouhaha. Entre tous les instruments du CD, son chant et votre piano, cela devient un vrai cafouillis.

Pour éviter cela, utilisez des versions instrumentales !

Internet pullule de sites qui en propose. Par exemple sur celui-ci, vous trouverez même des playbacks sans piano : Karaoke Version.

Vous en trouverez aussi sur YouTube, ou même des versions karaoké. Pourquoi pas non plus des fichiers MIDI si vous maîtrisez la MAO ?

Jouez sur un seul accord

Traditionnellement, une improvisation jazz se situe après un thème principal.

Le compositeur écrit généralement une grille harmonique (les accords) et une mélodie. Cette mélodie est souvent jouée au début et à la fin.

Mais chaque changement d’accord sera peut-être perturbant au début, car il peut modifier les notes que vous pouvez jouer.

Je vous conseille donc d’improviser sur un seul accord pour commencer.

Jouez-en un à la main gauche, et pianotez à la main droite sans avoir la pression du rythme ou du prochain changement d’accord.

Il existe plusieurs titres sur un seul accord. En voici quelques-uns (assez 70’s, on en se refait pas !) :

  • Pink Floyd : Careful with that axe, Eugene,
  • Ten years after : I Can’t Keep From Crying , extension on one chord,
  • Deep Purple : la fin de Space truckin’ (versions live)

Une fois que vous avez improvisé sur un accord, tentez de le changer.

Voyons maintenant concrètement quelles notes jouer.

Arpèges

Les notes de l’accord sont les premiers éléments que vous pourrez jouer sans risquer de fausses notes.

Commencez par les plaquer, et ensuite vous pourrez les arpéger.

Un bon effet est d’enchaîner les arpèges sur plusieurs octaves.

Encore une fois je vous renvoie sur l’article des 71 exercices sur un seul accord, ici.

Les gammes

Beaucoup de musiciens fonctionnent par gamme.

La première chose à faire sera de définir la tonalité de votre morceau, et de jouer des notes de la gamme correspondante.

Cela peut être une bonne approche, mais je vous mets en garde.

Nombre de personnes que j’ai croisées (et pas forcément des pianistes) connaissent bien leurs gammes. Ils visualisent les notes auxquelles ils ont « droit », et les jouent plus ou moins au pif.

On en revient à ce que je vous disais au début. Vous devez former des phrases les plus mélodieuses possibles. Cela vient donc aussi de l’oreille.

Utilisez donc les gammes à bon escient, elles pourront délimiter un cadre en vous indiquant les notes possibles à jouer, mais ne perdez pas la musicalité de l’enchaînement de ces notes.

Travaillez votre sens mélodique.

Les modes mineurs

Si vous êtes en mode mineur, vous pourrez alterner les 3 modes.

Cela changera considérablement les sonorités de votre morceau.

Attention toutefois à ce que ces notes correspondent bien à celles des accords.

Enrichissez votre mélodie

Vous avez réussi à jouer quelques mélodies sympas grâce à ce que je vous ai indiqué précédemment ? Voici comment enrichir votre jeu.

Vous pouvez harmoniser grâce à des tierces, des quintes ou des octaves.

C’est une technique très utilisée au chant, mais aussi dans de nombreux solos.

Essayez de jouer plusieurs notes à la fois. Le plus simple pour commencer sera certainement de jouer en octave.

Utilisez votre 1 et votre 5e doigt tout d’abord simultanément, et ensuite en alternance, voir vidéo à partir de 8:55.

La difficulté technique sera de bien utiliser votre poignet pour vos déplacements, et de jouer de façon la moins saccadée possible, sauf bien sûr si c’est l’effet recherché.

La pédale de sustain pourra vous aider à lier vos notes.

La procédure pour jouer en tierce et en quinte sera la même, ceci-dit les doigtés changeront. Voir vidéo à 9:35.

Exemple : si le début de votre mélodie est : do – ré – mi, vous pouvez jouer mi – fa – sol en même temps.

GROSSE GROSSE MISE EN GARDE :

Cette astuce est connue, mais beaucoup n’ont pas le bagage théorique pour l’utiliser à bon escient.

L’exemple que j’ai donné fonctionne en Do majeur, mais pas forcément dans les autres tonalités !

Il faut adapter les altérations (et parfois même les intervalles) en fonction des tonalités. Une tierce peut être majeure ou mineure.

Beaucoup de guitaristes, par exemple, aiment cet effet de jouer en tierce, mais étant seuls ils utilisent une pédale « harmoniseur ». Ils doivent bien paramétrer la tonalité du morceau pour que cela fonctionne.

Mais même comme cela, vous risquez de tomber sur une note étrangère à l’accord.

Par exemple, si votre mélodie est sur un accord de do et se termine par un sol, la tierce sera un si (7e majeur de l’accord). L’effet sera bien particulier !

N’hésitez donc pas à jouer d’autres notes que la tierce pour que cela colle. Dans notre exemple, faites un do à la place du si. Voir vidéo à 10:45.

N’hésitez pas à télécharger mon cours gratuit en complétant le formulaire ci-contre pour plus d’infos sur les intervalles.

D’autres gammes

Vous pouvez aussi utiliser d’autres gammes.

Par exemple, en rock et en blues, les gammes pentatoniques et les gammes blues sont des incontournables.

Je ne vais pas vous faire un cours maintenant sur toutes ces gammes, mais je vais quand même vous en indiquer quelques-unes afin que vous puissiez les essayer sur votre propre musique.

Do majeur pentatonique :

Do mineur pentatonique :

Do blues :

Ces gammes apporteront à n’en pas douter des couleurs différentes à vos improvisations. À user sans modération !

Les petites notes

Pour agrémenter tout ce que nous avons vu jusqu’à présent, vous pouvez utiliser des petits ajouts (voir vidéo à 11:39) :

  • des notes de passage : elles se situent entre des notes non conjointes pour aller de l’une à l’autre de manière continue. Elles se jouent en utilisant les notes de la gamme,
  • des chromatismes : un petit peu comme les notes de passage, mais en utilisant toutes les touches, y compris les touchent noires,
  • des broderies : ce sont des notes qu’on peut ajouter au-dessus ou en dessous d’autres notes,

 ou 

On peut même en ajouter au-dessus ET en-dessous :

ou

  • des petites notes glissées. Si par exemple vous voulez jouer un mi, attrapez la touche noire mi bémol et glisser jusqu’au mi. C’est un petit effet très courant au piano, plein de feeling,
  • des trilles : répétez de façon très rapide 2 notes conjointes

S’appuyer sur un riff ou un plan

Un riff est un thème ravageur très court. Smoke on the water, par exemple.

Un plan est une petite phrase musicale, efficace, que vous pouvez recaser dans plusieurs chansons. Faites-vous une liste de plans. Vous pouvez trouver vos propres plans, mais je vous conseille d’en repérer dans la musique que vous écoutez.

Écoutez les petites phrases musicales qui vous plaisent, reproduisez-les et recasez-les dans votre propre musique.

Avertissement

Vous avez maintenant pas mal d’astuces pour vous débloquer et développer vos improvisations.

Toutefois, faites très attention de ne pas rester juste sur les notes à jouer en oubliant la musicalité.

Vous faites de la musique, et non des copier/coller de notes.

J’ai d’ailleurs publié un article qui parle de la construction d’un solo, vous le trouverez ici.

Une dernière chose.

Mes premières improvisations étaient bourrées de fausses notes. Du coup, à chaque fois que je trouvais quelque chose de juste, je le gardais en mémoire. Et je finissais par jouer à chaque fois les mêmes plans.

Cette démarche n’est pas de l’improvisation, mais de la construction de solo.

Gardez à l’esprit que jouer des fausses notes n’est pas bien grave au début. Vous verrez qu’à force, vous en ferez de moins en moins, et vous vous concentrerez plus sur votre musicalité et même sur la communication avec votre public.

L’improvisation m’est aujourd’hui incontournable, impossible de m’en passer. Cela ne m’empêche pas de jouer aussi des morceaux écrits à la note près.

Maintenant, je voudrais que vous fassiez quelque chose pour moi.

Jouez un accord, par exemple Do, à la main gauche, et pianotez les notes de l’accord ainsi que des notes de la gamme de Do majeur en suivant quelques-unes des indications que je vous ai données.

En faisant cela, vous ferez votre première improvisation, la première d’une longue série.

Cela semble une montagne à franchir, mais faites ce premier pas, vous ne le regretterez pas.

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Comment construire vos solos de piano ?

Version vidéo :

Marre, marre, marre !

Vous voulez jouer votre propre musique, et vous exprimer à travers vos propres solos ?

Problème : comment démarrer ? Quelles notes jouer ?

Vous avez peut-être commencé à pianoter quelques notes sur votre clavier, mais vous vous êtes rendu compte qu’enchaîner des plans ne suffisait pas.

Vos solos ont besoin d’être construit, de suivre une structure.

Je vous propose d’écouter nos amis guitaristes.

Pourquoi parler de solos de guitare dans un article sur le clavier ?

Tout simplement parce qu’il faut bien avouer que nos amis gratteux sont quand même maîtres dans l’art de concevoir des solos inoubliables, de ceux que nous connaissons quasiment à la note près. C’est bien sûr une histoire de culture et de goût personnel, mais il y a tant de solos d’anthologie à la guitare…

Voici les premiers qui me viennent à l’esprit : Child in time, Highway star, Stairway to heaven, Hotel California, Comfortably numb, Another brick in the wall (part. 2). Oui, excusez-moi, je suis un puriste de Pink Floyd, je ne dis pas simplement The Wall, qui est, lui, le titre de l’album…. Évidemment, il y en a d’autres, mais ceux-ci devraient nous suffire pour illustrer notre propos.

Voyons ce que ces solos de guitare peuvent nous apprendre au piano.

La principale règle, je dirais, et de gérer la montée en intensité. Si vous démarrez tout de suite à toute blinde, vous ne pourrez pas aller plus loin. Vous serez bloqué, et tout ce que vous pourrez ajouter ensuite sera fade. Votre solo tombera à l’eau.

Comment monter en intensité ?

Par exemple en partant du médium en allant progressivement vers les aigus.

C’est là l’une de mes plus grosses erreurs de débutant lorsque j’ai commencé à improviser.

Tout de suite, je partais dans le suraigu pour marteler mon clavier.

Plusieurs raisons à cela. Je vous donne le contexte.

Vous jouez en groupe, et ça y est le deuxième refrain se termine. C’est souvent là qu’il y a un solo, ça va être à vous.

Le chanteur vous regarde, c’est votre tour. Le public l’a bien compris, on attend votre morceau de bravoure. Et là, vous voulez mettre la patate tout de suite pour ne pas décevoir.

Comment faire ?

Il faut qu’on vous entende par dessus tout, et la plage de fréquence la moins utilisée se trouve justement dans les aigus. Du coup, vous vous y engouffrez.

Mais que ferez-vous ensuite ?

  • Vous y restez ? Ça va être lassant, et à la longue le suraigu va casser les oreilles de notre auditoire.
  • Vous redescendez ? Vous allez radicalement changer la tournure de votre solo et vous perdrez en cohérence et en intensité.

Démarrez donc dans le haut médium, avec un plan pas trop compliqué mais efficace. Vous pourrez monter dans les aigus si vous le souhaitez, en amenant votre propos, ou votre super riff dévastateur. Si vous savez déjà quel est ce plan, cela peut vous être très utile car vous savez où vous allez, et votre job sera de l’amener progressivement.

Seconde erreur : le débit du notes !

Grosse erreur.

Ne démarrer pas à fond de technique tout de suite ! Vous allez vous épuiser et il sera difficile de maintenir la cadence.

Surtout si vous êtes en début de concert, vous risquez une fatigue musculaire si vous donnez tout tout-de-suite.

Cherchez plutôt des phrases musicales simples mais bougrement efficaces pour un début de solo. Vous pourrez toujours augmenter la cadence durant votre progression.

Ceci dit, il y a des exceptions, surtout dans certains styles de musique. Il arrive qu’il y ait beaucoup de notes en début de solo. Dans ce cas, il vous faudra être sacrément endurant pour maintenir la cadence, et de l’inspiration pour faire évoluer votre solo crescendo.

Le méga riff de tueur de la fin…

Vous êtes à la fin, soignez votre apothéose !

Les solos de guitare dont je parlais au début de l’article l’ont tous en commun.

Le bouquet final !

Si vous ne vous sentez pas capable d’en trouver un pendant votre improvisation, vous pouvez toujours le définir au préalable et faire ce qu’il faut pour y aboutir. Mais dans tous les cas : ça doit déchirer !

Nous sommes bien à la fin du solo. Imaginez à quoi ressemblerait Hotel California si le solo commençait par les fameux arpèges à 2 guitares ? Ou Highway Star avec ses montées sur 3 notes dès ne début ? Ou encore la fameuse montée vers les aigus de Comfortably Numb ?

Je me répète peut-être, mais c’est vraiment important.

… suivi d’une petite phrase pour terminer.

Parce qu’il vous faudra le conclure, votre solo. Et que tout le monde le ressente comme tel. Le point final.

Par exemple, les dernières notes du solo de Stairway to heaven et de Child in time sont extrêmement claires : c’est la fin. Elles indiquent même aux autres membres du groupe un signal pour passer à la suite. Pour les Comfortably numb et Another Brick In The Wall (part.2), c’est encore plus clair car nous sommes aussi en fin de morceau.

Mais alors, faut-il tout écrire avant ?

Attention !

Planifier une structure n’est pas forcément écrire votre solo à l’avance. Vous êtes bien sûr libre de le faire, mais tentez de développer votre improvisation. À force, vous comprendrez de mieux en mieux les propos de cet article, car vous pourrez observer les réactions du public suivant ce que vous jouez.

Si vous avez peur de ne pas avoir assez d’inspiration, ayez en mémoire quelques plans que vous pourrez toujours caser en cas de secours, et improvisez autour.

Encore autre chose ?

Autre chose importante : soyez clair dans votre jeu. Si vous jouez en groupe, les autres membres doivent sentir ce que vous faites afin de mieux vous accompagner. Si vous mettez une patate du diable et que le reste du groupe n’a pas bougé d’un iota dans ses nuances, cela crée un décalage, et je vous assure que cela se sent très fortement. C’est une des choses qui montre le manque d’expérience d’un groupe.

Nous sommes des musiciens, pas des robots.

Quand un solo est raté, que vous avez terminé et que tout le monde vous regarde en vous demandant quand cela se termine, je vous assure que c’est un petit moment de solitude dont on se passerait bien.

« Bon, ben il ne joue plus. Ça doit être fini… On enchaîne ? »

Soyez le plus clair possible.

À force, vos partenaires comprendront aussi votre jeu et certains vous surprendront peut-être. Par exemple, je suis toujours surpris quand mes batteurs préférés envoient une pêche sur une note que je marque moi-même, sans dire un mot, sans même un regard. À force, on vous voit venir.

Ça fait partie de mes moments préférés.

Autre méthode pour les longs solos : la cassure

Vous voulez avoir le temps de vous exprimer ? Faire un solo très progressif ?

Dans ce cas, vous pouvez rapidement dans votre solo faire une cassure.

Il s’agit de nuancer votre jeu, en jouant très calmement, de manière très contrôlée. Soit votre cassure est franche, et dans ce cas elle doit être forcément anticipée avec les autres membres du groupe, soit vous l’amenez en jouant de moins en moins fort.

Et là, vous avez un boulevard devant vous.

Faites monter la sauce !

Attention quand même : n’en abusez pas. Si vous le faites à chaque fois, tout le monde se lassera.

Combien de tours ?

Voici une chose qui me posait problème.

Dans un des groupes auquel je participais, mes solos étaient très souvent improvisés, mais on m’imposait un nombre de tours.

Vous voyez de quoi je parle ?

Par exemple 2 tours de 12 mesures de blues ou 2 refrains instrumentaux.

Comment voulez-vous faire monter la sauce de manière improvisée en limitant le nombre de tours ?

Cette durée vous obsède, elle ne tient absolument pas compte des réactions du public, ou de votre capacité du moment. Surtout sur des cycles courts.

« Il me reste qu’un tour… Je dois mettre la patate tout-de-suite… Je n’ai pas le temps d’amener mon riff… Mer.., c’est fini… Je n’ai pas eu le temps de boucler… »

Je vous assure que c’est hyper frustrant.

Évidemment, il faut compter de temps-en-temps, mais sur certains morceaux, demandez d’être totalement libre de la durée de votre solo.

Et les solos de clavier, alors ?

Voyons maintenant (enfin me direz-vous !) quelques solos d’anthologie au clavier.

Les premiers qui me viennent à l’esprit sont :

  • Great balls of fire, de Jerry Lee Lewis
  • Light my fire, de Manzarek des Doors
  • Highway star, de Jon Lord de Deep Purple. Oui, ENCORE HIGHWAY STAR, on est fan ou on ne l’est pas !

Une fois de plus, ce sont les premiers qui me viennent à l’esprit. Et ça tombe bien car ces exemples sont complètement différents.

Voyons si ces solos possèdent les caractéristiques de ceux de nos amis gratteux.

Le solo de Great balls… commence sur un petit plan rock simple mais super efficace. Puis on monte vers les aigus, avec des glissando sur le clavier.

Ce genre de chose plaît énormément au public, vous pouvez me croire.

Puis, une montée en octave dans les aigus qui aboutit sur un martèlement puissant dans les aigus. Et enfin quelques petites notes pour enchaîner sur le « kiss me baby ».

Contrat rempli.

Light my fire est beaucoup plus progressif.

Long solo sur une basse obstinée. Il commence par un petit plan sympa. Le développement est long, mélodique. Ici, on ne compte pas le nombre de tours !

Crescendo pour finir en apothéose sur des triolets avec le batteur. Enfin, une petite phrase de conclusion qui annonce le tour de la guitare.

Contrat rempli. (bis)

Sur Highway Star, pas facile de faire un solo après celui d’anthologie de Ritchie Blackmore. Et pourtant. Jon attaque avec des plans dans les médiums, et développe son solo jusqu’à son paroxysme. À ce moment, la grille change. La structure est donc bien définie au départ. Et une petite conclusion pour finir.

Contrat rempli. (ter)

Seul ou en groupe ?

J’ai beaucoup parlé de musique en groupe, mais les conseils s’appliquent aussi si vous êtes seul. Le piano présente cet avantage.

Dans tous les cas, soyez très expressif, et marquez les nuances afin de bien reconnaître les éléments dont nous avons parlé.

C’est bien beau tout ça, mais quelles notes jouer ?

Parlons maintenant de ce que vous pouvez utiliser concrètement dans vos solos. Quelles notes pouvez-vous jouer ?

Les idées viendront en pratiquant, mais il faut bien partir de quelque chose !

Je vous donne quelques points de départ que vous aurez le loisir de développer dans votre jeu :

  • sans instrument, apprenez à fredonner des mélodies, à improviser en chantonnant ou en sifflant. Cela vous habituera à déclencher votre inspiration. Ensuite, il vous faudra faire progresser votre oreille pour transformer ces mélodies en notes à jouer sur votre instrument. Je n’aime pas penser en tablature. Faites l’effort de connaître les notes que vous jouez, et cela viendra avec le temps. Je connais chaque note que je vais jouer dans un solo, la mélodie me viens directement avec les notes. Je chante les notes dans ma tête.
    Désolé, je suis pour le solfège… Faites votre choix. Mais s’il y avait mieux sans effort, ça se saurait…
  • Utilisez les notes de la gamme. Si votre morceau est en Mi majeur, vous pouvez broder sur les notes de la gamme de Mi majeur. Petit conseil : commencez par jouer des notes conjointes, c’est-à-dire des notes voisines les unes des autres.
  • Utilisez les notes de l’accord sur lequel vous vous situez. Si vous êtes sur un accord de Do, vous pouvez les notes do, mi et sol. Cela sonnera forcément juste.
    Pour avoir des explications sur les accords et comment ils se forment, téléchargez le cours gratuit en cliquant sur le formulaire ci-contre.
  • Utilisez les notes de l’accord en arpège. Il est très pianistique de jouer les notes de l’accord les unes après les autres. Par exemple, sur un accord de Sol, jouez les notes sol, si et ré les unes après les autres, dans l’ordre que vous voulez, souvent avec la pédale de sustain le temps de l’accord. Vous pouvez doublez les notes, c’est-à-dire utiliser un sol et le sol à l’octave au-dessus.
  • Utilisez des notes de passage. Vous pouvez utiliser des notes de la gamme afin de passer d’une note de l’accord à une autre. Cela enrichira votre jeu.

Vous voyez ?

Vous aviez peut-être des difficultés à construire vos solos, à trouver quoi jouer.

Maintenant, vous savez comment les structurer, et en plus vous avez des idées quant aux notes à jouer.

Rien qu’avec ces notions-là, vous avez une infinité de solos possibles. Bien sûr, ce sont des points de départ à creuser et compléter avec le temps.

Pour commencer, écoutez des solos de tout instrument, fredonnez, apprenez à coller des notes à ce que vous chanter.

Une bonne manière de commencer est d’utiliser des playbacks. Cela vous permettra de soloter sans vous préoccuper de la section rythmique.

Un dernier point : NE VOUS DÉCOURAGEZ PAS !

Vos premiers solos ne seront peut-être pas extraordinaires, truffés de fausses notes.

ET ALORS ?

Cela s’affinera avec le temps. Exactement comme vous avez appris à parler étant enfant.

C’est parti : à vous de jouer !

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